Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Julia Ndibnu-Messina Ethé : Université de Yaoundé I
Dans son livre « l’art et l’artisanat africain », (Mveng, 1980) entreprend une rétrospective sur les différents arts en Afrique. Non seulement son étude porte sur les spécificités de l’art africain, mais également sur l’aspect du genre dans l’art. De ce qu’il en ressort, il existe des arts réservés aux hommes et des arts exclusivement réservés aux femmes. La sculpture par exemple était uniquement réservée aux Hommes parce que sollicitant un effort physique considérable. Il fallait par exemple abattre l’arbre sur lequel on allait sculpter. Cette étude se fonde sur une approche qualitative qui combine une recherche documentaire et une grille d’observation qui déterminent les pratiques artistiques en Afrique, notamment dans la sculpture, la poterie, le tissage et le dessin. Les résultats illustrent que, malgré l’évolution de l’implication de la femme dans l’art en Afrique, la conception traditionnelle de l’égalité hommes-femmes dans la transmission de l’art est loin d’être réglée. Certaines sociétés africaines présentent encore des traditions qui appellent à l’exclusion de la femme dans certains domaines requérant une force physique ou une présentation devant des personnalités masculines avec un enracinement culturel éprouvé.
Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.
Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.
Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.
Titre du colloque :
Thème du colloque :