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Xavier Robichaud : Université de Moncton
Depuis 2014, la province du Nouveau-Brunswick s’est dotée d’un plan d’action pour favoriser l’immigration, ce qui aura pour conséquence une augmentation d’élèves dans le système scolaire francophone. Or, ces jeunes peuvent vivre des défis identitaires et scolaires et les personnes enseignantes issues de l’immigration, dont les personnes enseignantes formées à l’étranger joueraient un rôle auprès d’eux en tant que personnes médiatrices culturelles (Claret, 2018 ; Niyubahwe et coll., 2019). Pourtant, la présence, l’expérience de recrutement et l’insertion professionnelle des personnes enseignantes formées à l’étranger dans le système scolaire francophone du Nouveau-Brunswick restent peu documentées par la recherche. Notre étude qui s’est déroulée en 2021-2022 a eu pour objectif de documenter l’expérience de recrutement de six personnes enseignantes formées à l’étranger qui ont choisi d’enseigner au Nouveau-Brunswick pour identifier les pratiques en matière de recrutement et d’insertion professionnelle ainsi que les incitations et les défis qu’elles ont rencontrés lors de leur embauche.
Le métier d’enseignant se transforme. Avec des savoirs qui évoluent et se réorganisent et des populations d’élèves de plus en plus hétérogènes, le personnel enseignant est appelé à développer de nouvelles compétences. Les contours de la profession bougent aussi selon les formes de l’État ainsi que les contextes sociaux et politiques changeants. Les régulations institutionnelles et professionnelles ou post-bureaucratiques (Maroy, 2008), les modèles de justice (Derouet et Derouet-Besson, 2009; Derouet, 2000), la centralisation ou la décentralisation ou encore l’interventionnisme ou le néolibéralisme (Sattler, 2012) ont des répercussions sur le travail enseignant.
Le travail quotidien des enseignantes est complexe (Lessard et Tardif, 1999) et renvoie entre autres à la culture d’établissement qu’elles intègrent et aux relations établies avec leurs groupes d’élèves. On sait qu’il l’est encore davantage en contexte linguistique minoritaire, considérant les politiques d’aménagement linguistique, les responsabilités liées à la langue et à la culture qui incombent aux enseignantes (Jones et Martine Jones, 2004) et aux éventuelles difficultés à s’en saisir (Gérin-Lajoie, 2006; Turner, 2012). À cela s’ajoutent le développement et la validation d’interventions pédagogiques adaptées ainsi que des enjeux de formation du personnel enseignant préparé pour la tâche (Cavanagh, Cammarata et Blain, 2016). Les premières années dans la profession enseignante étant déterminantes, ces aspects prennent toute leur importance (Broccolichi, Joigneaux et Mierzejewski, 2018).
Puisque l’école joue un rôle central dans la pérennité des communautés linguistiques en situation minoritaire, l’étude de contextes éducatifs au Canada et ailleurs dans le monde où des langues sont minorées prend tout son sens. Si ce colloque s’intéresse au travail enseignant et à sa transformation en général, il envisage donc de se pencher plus spécifiquement sur le travail enseignant en situation linguistique minoritaire.
Ce colloque se propose d’examiner le métier d’enseignant selon différents angles portant sur les éléments suivants :
1) Enjeux théoriques en lien avec le travail enseignant en général et en contexte linguistique minoritaire
2) Transformations/évolutions du travail enseignant
3) Portraits du personnel enseignant (études sociodémographiques, sociolinguistiques, comparaisons, etc.)
4) Enjeux méthodologiques dans l’étude du travail enseignant et de ses transformations (quelles méthodes permettent de saisir, de comprendre les nouveaux contours du travail enseignant? Comment saisir les expériences, les épreuves qui jalonnent le métier?)
5) Études de terrain, observations, ethnographies ou autres et présentation de résultats de nature empirique
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Thème du colloque :