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L’identification des mots composés de racines latines et grecques chez les élèves du 3e cycle du primaire : une étude de potentiels évoqués.

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Kathleen Whissell-Turner : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

La présente étude vise à vérifier comment les élèves du 3e cycle du primaire traitent les mots polymorphémiques du vocabulaire disciplinaire formés de racines latines et grecques. Pour ce faire, vingt-neuf élèves de 5e ou de 6e année du primaire ont passé une tâche de décision lexicale lors de laquelle ils devaient lire silencieusement des séries de mots et de non-mots variant selon la structure morphologique du mot (polymorphémique ou monomorphémique), le type de racine (libre ou liée) et l’origine des racines (latine ou grecque). Durant la tâche de décision lexicale, l’activité cérébrale des participants a été recueillie grâce à l’électroencéphalographie dans le but d’extraire les potentiels évoqués aux fenêtres temporelles de 200 ms à 350 ms et de 350 ms à 500 ms poststimulus typiquement associées aux marqueurs N250 et N400. Au niveau de l’activité cérébrale, les résultats indiquent que le traitement des mots composés de racines latines et grecques est influencé par la lexicalité et la structure morphologique des mots. Au niveau comportemental, l’identification des mots écrits demeure influencée par la lexicalité et la structure morphologique des mots, mais elle l’est aussi par le type de racine et l’origine des racines. Ces résultats suggèrent que les élèves du 3e cycle du primaire décomposent en morphèmes les mots composés formés de racines latines et grecques lors de l’identification des mots écrits avant d’accéder à leur sens.

Résumé du colloque

Au cours des trente dernières années, particulièrement dans la dernière décennie, la recherche portant sur la littératie étudie de manière intensive la contribution des connaissances morphologiques. Ainsi, au regard de leur relation avec la lecture, certaines études concluent qu’elles jouent un rôle fondamental, et ce, dès le début de la scolarité (Cohen-Mimran et al., 2022). D’autres études ont permis d’alimenter des modèles théoriques qui capturent leur rôle direct ou indirect lors de la lecture de mots (Levesque et Deacon, 2022) ou de la compréhension de textes (Levesque et al., 2019). Quant à la relation des connaissances morphologiques et du vocabulaire, des études l’ont explorée en profondeur afin de déduire le sens unidirectionnel (Fejzo et al., 2020) et bidirectionnel de cette relation (Saidane et al., 2020). Finalement, en ce qui concerne leur contribution à l’écriture, certaines études ont permis d’éclairer sur la manière d’intégrer les connaissances morphologiques en salle de classe, par un enseignement implicite ou explicite, afin d’améliorer la performance en orthographe lexicale (Burton et al., 2021), alors que d’autres études ont permis de documenter les liens entre les connaissances morphologiques et la qualité des textes produits (Zhang, 2021).

Si, dans l’ensemble, ces recherches indiquent que les connaissances morphologiques s’avèrent fondamentales pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, le présent colloque souhaite faire l’état des connaissances issues des récentes études portant sur les connaissances morphologiques et la didactique du français.

À cet effet, nous proposons les axes suivants :

  1. Rôle des connaissances morphologiques dans le développement de divers aspects de la littératie
  2. Exploration des effets et des modalités d’interventions axés sur les connaissances morphologiques

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 15 mai 2024

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