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Émilie MORIN : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Une étude empirique menée dans le cadre d’un doctorat (2016-2021) a permis, à partir de la voix des jeunes, de caractériser le concept de sentiment de pouvoir agir face aux changements climatiques. Les jeunes interrogés nous ont amenés entre autres à affirmer la nécessité, pour le développement de ce sentiment de pouvoir agir, de la solidarité intergénérationnelle, du bien-être et des opportunités accordées. Ces jeunes nous invitent en ce sens à les considérer, véritablement, comme des interlocutrices et des interlocuteurs valables, crédibles et légitimes quand vient le temps de réfléchir aux changements climatiques. Une théorie en particulier, celle des capabilités de Sen (1985, 2010), permet quant à elle de faire ressortir la pertinence de s’intéresser aux différentes formes de libertés que devraient posséder les jeunes afin de se sentir capables d’agir face aux changements climatiques. La place qui leur est accordée au sein de diverses structures sociales constitue un élément central à prendre en compte. Dans le cadre de cette conférence de clôture, nous illustrerons la nécessité d’accorder aux jeunes toutes les opportunités nécessaires pour prendre la parole dans les différentes structures sociales auxquelles ils appartiennent et ainsi contrer l’injustice épistémique à laquelle ils font face.
Dans le cadre de nos dernières recherches, nous avons développé un modèle transdisciplinaire du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique (Agundez-Rodriguez, 2022). Son caractère transdisciplinaire implique un niveau élevé d’intégration de l’apprentissage qui se situe au-delà de plusieurs disciplines ainsi que de leurs intersections (Legendre, 2005). En cohérence avec ce principe de transversalité, le modèle intègre des savoirs issus des domaines de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et de la pratique du dialogue philosophique (PDP) en communautés de recherche (Lipman, 1980 et 1988; Lago, 2006; Sasseville et Gagnon, 2007; Gagnon et Sasseville, 2011). En lien avec l’ERE, la transdisciplinarité est ainsi présente dans le modèle par le recours à des savoirs environnementaux issus de mouvements sociaux, autochtones et allochtones, et de mouvements communautaires de la société civile. Les habiletés pratiques, l’expérience directe et la transmission orale sur l’environnement et les changements climatiques y sont associées. En ce qui concerne la PDP, l’objectif du modèle est le développement de la pensée critique (associée aux habiletés comme la contextualisation, l’autocorrection et l’argumentation à l’aide de critères) et créative (associée aux habiletés comme l’imagination, la recherche d’alternatives et l’intuition). L’approche de PDP en communautés de recherche favorise ainsi la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons (caractérisé par la crise environnementale et climatique) et permet, en même temps, d’imaginer et de construire le monde dans lequel nous voulons vivre (caractérisé par la stabilité environnementale et climatique). Grâce aux présentations des domaines de l’ERE et de la PDP réalisées au sein de ce colloque, nous pourrions explorer le croisement des éléments de notre modèle et son potentiel pour le développement du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique.
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