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Loi contre les fake news en France : perception des journalistes de la presse écrite

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Mathieu-Robert Sauvé : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

En adoptant une loi pour contrer la désinformation en période électorale en juillet 2018, la République française a choisi la voie de la législation pour s’attaquer au phénomène des fake news. Cette recherche vise à saisir la manière dont cette loi a éventuellement eu une incidence sur la production journalistique, compte tenu du fait que la Loi contre la manipulation de l’information est entrée en application trois mois avant le premier tour des élections présidentielles d’avril 2022. En plus d’une approche quantitative par questionnaire et qualitative par des entretiens auprès des éditeurs et éditrices, rédacteurs et rédactrices en chef, notre étude de cas s’appuie sur l’observation non participative d’une salle de rédaction. Au terme de notre étude, nous convenons que, de façon générale, les journalistes de la presse écrite, en France, ne conçoivent pas l’application de la Loi contre la manipulation de l’information comme une solution à la lutte à la désinformation. Ils et elles renvoient plutôt le législateur vers les réseaux socionumériques où l’impunité subsiste à leurs yeux. Les journalistes, en plus d’avoir un code de déontologie, sont déjà sanctionné·e·s en cas de dérapage en vertu d’une loi qui date de 1881.

Résumé du colloque

Le journalisme est un objet de recherche populaire en communication et en sciences de l’information. Historiquement, quatre approches peuvent être retenues dans la documentation.

La première relève de l’analyse socioéconomique macrosociale. Descriptive ou critique, elle consiste à analyser la diversité des contenus proposés par les médias en la mettant en perspective avec leurs modèles de financement et le rôle qui leur est théoriquement réservé dans les théories de la démocratie. La deuxième est issue de l’analyse de discours ou de la sémiotique. Concentrée sur les contenus produits, elle décortique de manière plus approfondie la façon dont les informations sont construites. La troisième s’attache à composer et mettre à jour une sociologie des journalistes. Plus descriptive que les précédentes, elle s’attache à faire ressortir les caractéristiques des personnes exerçant le métier et à décrire leurs trajectoires professionnelles. La quatrième tradition concerne l’étude des publics de l’information. Davantage menée par les chercheur·e·s s’intéressant à la réception, aux publics ou aux usages des dispositifs d’information et de communication, elle s’intéresse cette fois à la manière dont les contenus produits circulent et se font approprier par la variété des publics.

Dans lesquels de ces grands axes les recherches actuelles s’inscrivent-elles ? Les mutations de l’écosystème informationnel impliquent-elles une redéfinition ou un élargissement de ces axes ? Nous proposons de rassembler dans ce colloque une douzaine de doctorant·e·s du Québec qui mènent des travaux dans ce secteur fortement influencé par le virage numérique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 15 mai 2024

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