Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Charlotte Jules : Université de Bordeaux
Après un parcours migratoire difficile, Ismaïl, jeune originaire d’Afrique subsaharienne, âgé de 15 ans, pense enfin qu’il pourra aspirer à une vie meilleure en France. Pourtant, il réalisera rapidement qu’un nouveau périple débute. Mineur non accompagné comme tant d’autres, Ismaïl bénéficie d’une prise en charge éducative au titre de la protection de l’enfance qui lui confère un « droit à une protection et une aide spéciales de l’Etat » (UNICEF, 1989). Cependant, le statut de mineur non accompagné relève de « la confrontation de deux logiques antagoniques : la protection de l’enfance, d’une part, et la volonté politique de maîtrise des flux migratoires, d’autre part. Une opposition intrinsèquement liée au statut particulier des mineurs isolés étrangers, qui portent une double identité : celle d’enfant (que les États disent vouloir protéger) et celle d’étranger (qu’un État veut officiellement empêcher de s’installer). » (Feltesse & al, 2011).
Ismaïl fera ainsi face durant son accompagnement à de multiples défis : régularisation administrative, intégration à la société française et apprentissage de ses codes et normes, etc., dans une temporalité relativement courte et rythmée par des délais administratifs, en étant confronté à une « logique de soupçon » (Bricaud, 2012) qui le suivra durant l’intégralité de son parcours.
A travers cette étude de cas, nous essaierons de montrer en quoi les logiques situationnelles sont centrales dans l’intégration des mineurs non accompagnés.
Ce colloque, organisé par l’UQAM en collaboration avec l’UQTR, l’Université de Bordeaux et le groupe de recherche EFE, se penche sur les défis rencontrés par les élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Ces défis sont multiples et complexes, allant de la précarité socioéconomique (Charlebois, 2018), des enjeux professionnels (Supeno et Bourdon, 2017), aux besoins particuliers (Lemire, 2011), en passant par la monoparentalité (Pelletier, 2022) et le processus migratoire (Villemagne, 2014). Nous nous intéressons aux dispositifs déployés pour accompagner ces adultes, tant en milieu institutionnel (centres d’éducation des adultes) que communautaire (organismes communautaires et milieux adaptés de scolarisation).
Ancrée au cœur de cette réflexion, l’approche globale s’éloigne de la focalisation sur les caractéristiques individuelles comme cause principale des difficultés. Elle s’incarne dans une perspective multiréférentielle (Ardoino, 2000) qui considère que les difficultés sont autant le résultat des épreuves sociales (Martucelli, 2011) que scolaires (Roiné, 2020). Cette approche étudie la complexité des parcours atypiques des personnes apprenantes en difficulté (Grossmann et al., 2014) et considère les situations menant à leur échec (Gardou, 2006), notamment l’organisation en vase clos des interventions prodiguées (Vidal et St-Onge, 2020).
Dans cette optique, ce colloque représente une occasion précieuse de réfléchir de manière interdisciplinaire aux différents dispositifs pédagogiques, didactiques, d’intervention sociale, etc., déployés auprès des élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Les personnes participantes partagent une sensibilité commune pour les contextes, les situations et les actrices et acteurs sociaux, appréhendée selon une perspective clinique et non déficitaire. Leur réflexion s’articule autour de trois axes complémentaires : 1) les élèves; 2) les intervenantes et intervenants; et 3) les organisations.
Titre du colloque :