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Vanessa Seto : Université McGill
Les femmes en situation de handicap sont disproportionnellement touchées par la précarité résidentielle en raison de leurs parcours souvent parsemés par la violence interpersonnelle et structurelle, de leur susceptibilité à être isolées de l'aide, de leur dépendance aux agresseurs, et de l’inaccessibilité des ressources d’aide. Logifem est une maison d’hébergement montréalaise pour femmes et enfants où a récemment été mis en œuvre un programme d’accessibilité universelle afin de rendre les espaces et services plus inclusifs pour accueillir les femmes et/ou enfants présentant des déficiences physiques. Nous présenterons les processus de mise en œuvre du programme, notamment les stratégies de planification, les facteurs considérés et les partenariats développés, ainsi que les services qui sont présentement offerts dans le cadre du programme, incluant des services de soins à domicile et des services d’ergothérapie. Les tensions persistantes entravant l’accessibilité et l’acceptabilité du programme seront explorées, notamment en lien avec l’expertise requise pour naviguer la multiplicité des besoins de cette population, le manque de soutiens structuraux pour les intervenants, les professionnels de la réadaptation et les organismes, la navigation des partenariats intersectoriels, et l’opérationalisation de principes d’accessibilité universelle dans un contexte communautaire québécois avec des ressources limitées.
L’itinérance est un phénomène complexe lié aux inégalités sociales et de santé des sociétés contemporaines. De plus en plus d’auteurs reconnaissent l’importance d’une lecture de l’itinérance sous le prisme des études sur le handicap (Godin et Flynn, 2022; Stone, 2022). Ainsi, les personnes présentant une déficience physique (DP) ou intellectuelle (DI) sont surreprésentées parmi celles en situation ou à risque d’itinérance (Mercier et Picard, 2011; Stubbs et al., 2020; Waegemakers Schiff et al., 2016). Cette situation peut être liée aux interrelations entre des facteurs structurels (manque de logements accessibles et adaptés aux personnes vivant avec une DP ou une DI, exclusion scolaire, professionnelle et du logement, revenus insuffisants pour les personnes présentant des contraintes à l’emploi, capacitisme et discrimination, judiciarisation, etc.), interpersonnels (conflits avec les proches et érosion des réseaux de soutien, par exemple) et individuels (troubles du comportement, présence simultanée de besoins liés à la DP ou à la DI, ainsi qu’à la santé mentale et à l’utilisation de substances psychoactives). Les personnes en situation ou à risque d’itinérance vivent quant à elles de nombreux obstacles d’accès aux soins et aux services sociaux et de santé, y compris la réadaptation (Omerov, 2020). La concertation de plusieurs secteurs est nécessaire pour mieux accompagner et intervenir auprès des personnes en situation et à risque d’itinérance présentant une déficience. Au Québec, les secteurs de la réadaptation en DP et en DI sont restés jusqu’à présent plutôt en retrait des discussions et des initiatives en matière de prévention et de réduction de l’itinérance.
Le colloque d’une demi-journée vise à mettre en commun les expertises actuelles dans les champs du handicap et de l’itinérance, auprès de différentes populations sujettes à l’exclusion en fonction de normes sociales capacitistes. L’événement permet également d’amorcer l’identification d’approches, de pratiques et d’orientations politiques intersectorielles à développer au Québec en matière de prévention et de réduction de l’itinérance pour les populations touchées par la DP ou la DI. Plus spécifiquement, les objectifs sont : 1) la mise en commun et le partage d’expertises favorisant la déconstruction des vases clos dans le champ du handicap et de l’itinérance au Québec; 2) l’identification de points de convergence et de divergence dans les parcours, processus et tournants vers l’instabilité résidentielle et l’itinérance chez différentes populations présentant une DP ou une DI; 3) l’établissement de pratiques de prévention de l’itinérance favorisant la responsabilité du secteur de la réadaptation à l’égard des populations sous-desservies; et 4) la détermination et l’analyse critique des services offerts aux personnes ayant une déficience en situation ou à risque d’itinérance, en particulier en matière d’accès et d’acceptabilité.
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