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Line Chouinard : Cégep de Chicoutimi
Le parcours scolaire est parsemé de transitions qui doivent être réussies pour permettre la poursuite du cheminement. Le Pôle sur les transitions en enseignement supérieur au Saguenay Lac St-Jean a choisi d’unir les efforts des 5 établissements d’enseignement supérieur pour mettre en place des conditions qui facilitent les transitions. Cinq transitions nous mobilisent : celle du retour aux études, les transitions interordres et intercycles, la transition vers l’enseignement supérieur des Premiers Peuples, celle de l’insertion socioprofessionnelle des étudiants internationaux et celle vers les programmes des sciences, technologie, ingénierie, arts numériques et mathématiques. Le Pôle a débuté ses travaux en 2020 pour établir les règles de la collaboration susceptibles de mener à une concertation interordres efficace. Avec en tête les règles de coopération de St-Arnaud, une entente de partenariat, un organigramme, un fonctionnement et des mandats ont été établis pour mettre en place les mécanismes et les processus nécessaires à l’obtention des résultats. En février 2023, le Pôle a mené une évaluation de mise en oeuvre afin de vérifier si les conditions étaient en place pour atteindre l’objectif de faciliter les transitions. Qu’avons-nous évalué vraiment? Qu’avons-nous appris sur notre fonctionnement? Quels sont les mécanismes qui fonctionnent, les processus qui sont efficaces? Nos outils et nos constats peuvent sans doute nourrir d’autres concertations interordres.
Voilà plus de trente ans que l’on appelle, au Québec, au développement de la cohérence interne ou horizontale des programmes en enseignement supérieur. Déjà, en 1988, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) recommandait que « le collège et l’université travaillent ensemble à la continuité dans un programme de formation, qu’ils coordonnent les objectifs de ce programme », de sorte que l’étudiant « se sente engagé, dès son entrée au collège [jusqu’]au terme d’un programme de premier cycle universitaire » (Conseil supérieur de l’éducation, 1988, p. 13). Cette volonté est réaffirmée en 1998 par la création d’un Groupe de travail sur la collaboration entre les collèges et les universités et réitérée en 2004 par le CSE quant à l’importance du développement de programmes de type DEC-BAC, au-delà même de la « bonne volonté » (Conseil supérieur de l’éducation, 2015). En 2021, la volonté ministérielle est sans équivoque : des pôles régionaux d’enseignement supérieur et un financement sont actualisés afin de promouvoir la collaboration interordre.
Ainsi, au fil des années, plusieurs types de parcours inspirants ont émergé. Jusqu’à tout récemment, le Ministère ne recensait ni les ententes, ni ne disposait d’aucune donnée liée à l’efficacité de celles-ci (Conseil supérieur de l’éducation, 2015). Une recherche documentaire démontre que les écrits semblent épars sur le sujet, comme le confirme Duhaime (2020). Cependant, ce dernier conclut que ce type d’entente semble avoir une influence positive sur le taux de persévérance en sciences infirmières.
Trois décennies plus tard, où en sont les établissements d’enseignement supérieur dans la mise en œuvre, mais également l’évaluation de ce type de collaboration?
Ce colloque propose de réunir les personnes expertes (professionnelles et chercheuses) en matière de parcours interordres et intercycles au Québec afin d’en saisir l’ampleur, mais également de faire émerger des constats, des bonnes pratiques en matière de collaboration, de concertation, de cheminement, de persévérance, de réussite étudiante et d’évaluation en vue de favoriser le développement et la mise en œuvre de parcours au service de la mission de l’enseignement supérieur.
Titre du colloque :