Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Pierre Doray : Université du Québec à Montréal
La région de Lanaudière possède un taux de diplômés universitaires plus faible que celui du Québec. Différents facteurs peuvent rendre compte de cette situation comme les migrations interrégionales ou un taux de passage aux études postsecondaires plus faible.
La région fait partie de la grande région montréalaise, ses résident·e·s ont la possibilité d’intégrer un grand bassin d’offres de formation, tant au niveau des cégeps qu’à celui des universités. Au niveau universitaire, l’offre locale de formation universitaire en est largement une de formation continue. Les étudiant·e·s doivent quitter la région et avec le risque de ne pas y revenir… ou de n’y revenir que plus tard.
Notre contribution s’intéresse au second facteur par l’analyse des parcours scolaires en s’intéressant en particulier aux transitions entre les ordres d’enseignement (secondaire-collégial et collégial-universitaire). Nous saisirons aussi les facteurs qui interviennent dans la modulation des parcours. Cette analyse permettra d’avoir une meilleure évaluation de la situation, car il permettra de tenir compte non seulement des choix éducatifs exercés à l’intérieur de la région, mais aussi de la mobilité géographique associée à la poursuite des études.
Voilà plus de trente ans que l’on appelle, au Québec, au développement de la cohérence interne ou horizontale des programmes en enseignement supérieur. Déjà, en 1988, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) recommandait que « le collège et l’université travaillent ensemble à la continuité dans un programme de formation, qu’ils coordonnent les objectifs de ce programme », de sorte que l’étudiant « se sente engagé, dès son entrée au collège [jusqu’]au terme d’un programme de premier cycle universitaire » (Conseil supérieur de l’éducation, 1988, p. 13). Cette volonté est réaffirmée en 1998 par la création d’un Groupe de travail sur la collaboration entre les collèges et les universités et réitérée en 2004 par le CSE quant à l’importance du développement de programmes de type DEC-BAC, au-delà même de la « bonne volonté » (Conseil supérieur de l’éducation, 2015). En 2021, la volonté ministérielle est sans équivoque : des pôles régionaux d’enseignement supérieur et un financement sont actualisés afin de promouvoir la collaboration interordre.
Ainsi, au fil des années, plusieurs types de parcours inspirants ont émergé. Jusqu’à tout récemment, le Ministère ne recensait ni les ententes, ni ne disposait d’aucune donnée liée à l’efficacité de celles-ci (Conseil supérieur de l’éducation, 2015). Une recherche documentaire démontre que les écrits semblent épars sur le sujet, comme le confirme Duhaime (2020). Cependant, ce dernier conclut que ce type d’entente semble avoir une influence positive sur le taux de persévérance en sciences infirmières.
Trois décennies plus tard, où en sont les établissements d’enseignement supérieur dans la mise en œuvre, mais également l’évaluation de ce type de collaboration?
Ce colloque propose de réunir les personnes expertes (professionnelles et chercheuses) en matière de parcours interordres et intercycles au Québec afin d’en saisir l’ampleur, mais également de faire émerger des constats, des bonnes pratiques en matière de collaboration, de concertation, de cheminement, de persévérance, de réussite étudiante et d’évaluation en vue de favoriser le développement et la mise en œuvre de parcours au service de la mission de l’enseignement supérieur.
Titre du colloque :