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Dimitri Voilmy : Université de technologie de Troyes
Une étude qualitative a été menée sur l'utilisation de la télésurveillance chez les patients de plus de 65 ans souffrant d'insuffisance cardiaque chronique et/ou de BPCO. L'étude a été réalisée dans le cadre d'un projet clinique exploratoire en zone organisée d'accès aux soins transfrontaliers franco-belge. Les résultats montrent que la télésurveillance avec l’implication de la gestionnaire de cas de territoire est bien acceptée par les patients et les professionnels de santé. Comment procède la gestionnaire de cas territorial pour assurer la continuité des soins dans une situation par nature complexe ? L’activité de la gestionnaire de cas se réalise dans et avec l’accomplissement des liens entre les seuils d'alerte identifiés par les télé-capteurs et leur utilisation individuelle, puis avec l'outil d'aide à la décision d'hospitalisation, la communication avec les différents établissements médicaux et le domicile des patients.
Les transformations numériques en santé ne sont pas récentes et d’innombrables technologies sont aujourd’hui disponibles telles que des applications mobiles dédiées à la santé ou au bien-être, des objets connectés pour accompagner les patients souffrant de maladies chroniques, des robots pour opérer ou stimuler cognitivement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives, des dispositifs portables ou implantables pour diagnostiquer des troubles neurologiques, cardiaques ou autres. Autant de technologies émergentes qui sont fréquemment présentées comme une réponse aux enjeux de soutenabilité des systèmes de santé dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques, l’objectif étant l’amélioration de la performance des systèmes de santé. Néanmoins, l’usage de technologies numériques de santé tant par les soignants que les patients soulèvent de nombreux enjeux à la fois communicationnels (ex. : pertes d’information, sentiment de distance), relationnels (ex. : reconfiguration des interactions patients-soignants et de la relation thérapeutique, nouvelles formes de proximité à distance), organisationnels (ex. : travail d’articulation supplémentaire, redistribution des responsabilités), sociétaux (ex. : inégalités territoriales, enjeux d’accessibilité, risques de discrimination), éducatifs (ex. : formation des professionnel·le·s, transformation des dispositifs d’éducation thérapeutique) et de conceptions (ex. : engagement des usagers — dont les patients — dans la conception).
L’objectif général de ce colloque est donc de réunir la communauté scientifique francophone autour de la question des usages projetés et concrets des technologies numériques de santé en invitant les chercheur·e·s (de diverses disciplines des sciences de la santé, sciences sociales et humaines, génie et gestion) à analyser le caractère socialement situé, incarné et équipé des usages des technologies numériques de santé et de « rendre visible » des pratiques sociales, des « trajectoires d’usage » imaginées ou réelles ou des processus de « domestication ». Le colloque s’organisera autour de trois axes :
Axe 1 : Télémédecine et activités du patient-soignant : soin distant, présence connectée et proximité renégociée
Axe 2 : Technologies d’autosurveillance et d’autosoin : du « soi quantifié » au « soin connecté »
Axe 3 : L’intelligence artificielle (IA) et la médecine « 4P » (personnalisée-préventive-prédictive-participative) : de la « datafication » au clinicien-patient-soin « augmenté »
Titre du colloque :