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Joanie Turmel : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Les relocalisations de populations sont un moyen pour réduire les risques associés aux inondations, dont ceux pour la santé humaine. Au Québec, les inondations de 2017 et 2019 ont mené à la démolition de centaines de domiciles et cette tendance pourrait s'accroître dans les prochaines années avec les changements climatiques. En Chaudière-Appalaches, c’est plus de 400 bâtiments qui ont été démolis à Sainte-Marie et 88 à Scott après les inondations de 2019. Cette présentation porte sur cinq nouvelles phases caractérisant l’expérience de démolition de domiciles et de relocalisation de treize hommes de ces municipalités rencontrés lors d’entrevues individuelles impliquant la méthode photo-élicitation et d’un focus group. Chacune de ses phases est caractérisée par des besoins et conséquences spécifiques ainsi que des moments critiques lors desquels une attention particulière doit être portée afin d’assurer la santé et le bien-être des hommes. Dégagés à partir d’une analyse thématique inspirée d’un cadre portant sur la capacité à faire face aux impacts des changements climatiques (Reser et Swim, 2011), les résultats mènent à l’émission d’une série de stratégies d’accompagnement et de pistes d’action en matière d’organisation des services. Celles-ci permettront d’améliorer les actions et interventions en contexte de déploiement de mesures visant à atténuer les conséquences des inondations et d’ainsi accroître la résilience des individus et des communautés.
Des risques à réévaluer
2023 est l’année des records. Record des températures d’abord : juillet 2023 a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans le monde avec 0,51 degré au-dessus de la moyenne 1991-2020. Des sécheresses, ensuite : l’Europe a connu une sécheresse historique durant l’été 2023. Des incendies, enfin : à la mi-août, le Canada enregistre plus de 14 millions d’hectares de surface brûlée, dont plus de 700 000 hectares pour le Québec, selon la SOPFEU à la même période. Pourtant, le Canada est un précurseur dans la prévision du risque d’incendies de forêt avec l’indice forêt-météo, de Ressources naturelles Canada, qui évalue le risque d’incendie sur une base quotidienne. Le calcul du risque est renforcé par une couverture satellitaire des points chauds partout au pays, avec à la clé une cartographie du risque. Mais le Canada est un pays de forêts, et la forêt est à la fois victime des incendies et vecteur, car elle fournit elle-même le carburant (combustible). Paradoxalement, c’est la zone nordique qui est la plus touchée. Le 15 août, la Ville de Yellowknife, au nord du 62e parallèle, ordonne l’évacuation de ses 20 000 habitants en raison de menaces d’incendies. Les conditions météorologiques y étaient favorables à cause de la sécheresse qui a sévi. Les causes des incendies sont pour plus de 80 % d’origine naturelle (foudre). En juin déjà, un grand nombre de foyers sont déclarés incontrôlables. Faut-il revoir l’indice forêt-météo à la lumière des changements climatiques? Les défis demeurent énormes aussi sur les plans de la prévention et de l’adaptation à ces risques, et les recherches doivent mettre l’accent sur ces aspects.
Les recherches devraient se poursuivre également sur d’autres risques, plus récurrents. La cartographie des zones inondables, par exemple, est à parfaire, et les modèles de prévision sur les périodes de retour des crues extrêmes, à améliorer.
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