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Opêoluwa Blandine Agbaka : Université d'Abomey-Calavi
Les politiques culturelles au Bénin après les indépendances de 1960 sont restées pendant longtemps, collées à la dynamique coloniale de la France qui place l’Etat au cœur du système de gestion des programmes culturels. Il conçoit, construit et met en œuvre les politiques culturelles qui posent les bases de la gestion légale et administrative de la culture. En 1991, la Conférence Nationale des Forces vives de la Nation a replacé la culture au centre du développement et en a fait un levier important des actions de construction de la nation béninoise. Cette réorientation a permis de poser dans la charte et politique culturelles de 1991, les fondations d’un système de gestion verticale qui consacre l’Etat comme premier acteur et les collectivités territoriales comme acteurs secondaires.Toutefois, cette structuration verticale, même si elle permet de fédérer les principaux acteurs autour d’une vision centrale, peine à favoriser le dynamisme et l’intégration des acteurs locaux pour une gestion adaptée aux réalités locales. Quels sont les enjeux et défis liés à la gestion culturelle au Bénin ? Quelles sont les implications pour les principaux acteurs du secteur ? La présente communication propose une réflexion sur la politique et la gestion culturelle au Bénin à travers une analyse du cadre légal et administratif.
Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.
Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.
Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.
Titre du colloque :