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Caroline Chambon : Université Jean-Monnet-Saint-Étienne
La permanence des crises est saisie comme un état potentiellement bénéfique au projet démocratique si elles donnent lieu à des situations de discussion remettant en cause des hégémonies dépassées. Or, dans une époque marquée par la dissolution des repères de la certitude, il faut accompagner les individus à vivre dans cet univers problématique. En pratique, cela suppose de ne pas s’épuiser dans la recherche de solutions envisageables pour chacun des problèmes pernicieux (Fabre, 2022) puisque l’on ne peut pas prétendre connaître exactement les défis qu’il faudra affronter et comment y parvenir. En revanche, s’orienter vers l’idée que de bonnes capacités pour problématiser les crises futures seront nécessaires à la poursuite du projet démocratique (Frega, 2020) semble pertinent.
De la sorte, la communication interrogera l’enquête sociale deweyenne dans ses possibilités de faciliter l’émergence d’antagonismes contribuant à former les citoyens à un esprit critique nécessaire pour appréhender prudemment les situations complexes futures. Deuxièmement, sa transposition au sein de l’espace numérique envisagera l’inclusion d’un grand nombre de citoyens dans la conflictualité politique. Puis, des critères normatifs d’une enquête sociale numérique permettant le développement nécessaire de processus d’inter subjectivation et objectivation entre citoyens ordinaires pour problématiser des crises seront présentés.
Crise! Quelle crise?
Les crises se suivent, se superposent et coexistent, mais ne disparaissent jamais définitivement. Les dangers de catastrophes nucléaires ravivés par les conflits militaires récents; les conséquences des pandémies mondiales; la menace terroriste internationalisée et généralisée; l’influence de l’intelligence artificielle (IA) sur la transformation des métiers, des économies et des marchés mondiaux; les effets du réchauffement climatique sur la destruction de l’environnement et la vie sur la Terre… Les crises occupent une place de plus en plus importante dans les débats scientifiques et médiatiques, et invitent les chercheurs de disciplines et d’horizons différents à les étudier dans toute leur complexité.
Objectifs du colloque
L’objectif général de ce colloque est de comprendre les enjeux sociaux et organisationnels contemporains à partir desquels les crises redessinent l’ordre mondial. On souhaite ainsi faire dialoguer des théories, des approches et des études de cas interdisciplinaires, internationales et variées dans le domaine de la communication, de la gestion de crise et des disciplines connexes (l’information, le marketing, les relations publiques, la sociologie, la psychologie, la criminologie, les sciences politiques, le droit et l’administration, parmi d’autres). Le colloque vise à faciliter les débats portant sur les approches novatrices ou peu explorées jusqu’à présent ainsi que de dévoiler, juxtaposer et croiser des terrains, des cadres d’analyse et des méthodes de recherche innovants ou renouvelés. Le colloque fait ainsi dialoguer les travaux francophones et internationaux issus des courants traditionnels, post-modernes, post-humanistes, critiques et constitutifs, tant sur le plan des problématiques que des approches, des méthodologies, des terrains de recherche et de leur application dans différents contextes et études de cas. Pour ce faire, le colloque s’organise autour de trois axes.
Axes thématiques
Axe 1. Des épisodes cosmologiques aux crises « ordinaires » : diversité, uniformité et complémentarité des terrains, des cas et des approches de gestion et de communication de crise
Axe 2. Les crises entre rupture et continuité, entre désorganisation et organisation : élaboration et transformation « en train de se faire » des stratégies et des pratiques organisationnelles
Axe 3. Objets techniques, technologies numériques et intelligence artificielle : sources, accélérateurs ou panacées des crises?
Titre du colloque :