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Amina Mezdour : UQAM - Université du Québec à Montréal
Bien avant la pandémie du COVID-19 qui les a mis de l’avant, les proches aidants jouaient un rôle crucial de soutien aux personnes atteintes d’incapacités, en raison du manque de main-d’œuvre constant dans le réseau de la santé et du vieillissement démographique de la population québécoise. Les vécus et impacts du soutien informel sur le bien-être et la santé des proches aidants sont bien documentés par la littérature scientifique selon les contextes du soutien (ex. proche atteint de démence, en fin de vie) et en fonction de certains facteurs sociodémographiques et économiques (ex. âge, genre, statut social). Toutefois, elles dressent un portrait général et uniforme des réalités et besoins des proches aidants pouvant ne pas concorder avec les vécus d’une population comptant diverses origines et appartenances. À l’image de la diversité ethnoculturelle, le soutien informel est également appelé à être hétérogène. Pour le présent panel, nous présenterons les résultats préliminaires de notre recherche où nous nous sommes intéressées plus spécifiquement aux proches aidants d’origine magrébine qui soutiennent un proche âgé au Québec. Notre étude vise à donner un nouveau visage à la proche aidance, celui de l’immigration pour mieux informer les décideurs politiques, les travailleurs du réseau de la santé ainsi que les intervenants communautaires sur les réalités du soutien informel en contexte minoritaire et migratoire au Québec.
Le Québec a connu ces dernières décennies de profondes transformations sur le plan des solidarités familiales (Ducharme, 2012), qui ont engendré d’importants changements en ce qui concerne l’organisation et le financement des services sociaux et de santé. C’est dans ce contexte que les personnes proches aidantes (PPA) se sont imposées comme acteurs clés du maintien à domicile, puis se sont mobilisées pour faire reconnaître leur travail « invisible » (Deshaies, 2020). Leurs efforts ont mené à l’adoption d’une nouvelle loi au Québec en 2020, qui constitue une avancée dans la reconnaissance de leurs besoins. Cependant, la diversité des expériences et de besoins des personnes qui prennent soin d’un proche varie entre autres selon leur origine, leurs statuts migratoire et socioéconomique, leur langue maternelle, leur âge et leur genre.
Le colloque proposé par l’Institut universitaire SHERPA souhaite d’abord mettre en lumière cette diversité de réalités en faisant un état des lieux de la recherche qui traite particulièrement des expériences de personnes appartenant à un groupe ethnoculturel minoritaire et qui prennent soin d’un proche ainsi qu’aux initiatives qui s’adressent à ces populations. Par « groupe ethnoculturel », nous entendons des personnes qui partagent à des degrés variables des traits collectifs sur la base de leur origine ethnique, de leur culture, de leur langue ou de leur religion, le caractère « minoritaire » de ces groupes étant défini par leur capacité inégale à définir et influencer les normes sociales (Fortin et al., 2011; Bourgeault, 2004). La personne proche aidante peut offrir un soutien à un proche âgé, malade, en fin de vie, ou qui vit avec une dépendance, une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme, une déficience physique ou un problème de santé mentale.
En mettant l’accent sur le dialogue entre les chercheurs et les praticiens, le colloque vise également à réfléchir ensemble aux façons de mettre sur pied des ressources et des services plus inclusifs et représentatifs des différentes réalités des personnes proches aidantes.
Titre du colloque :