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Provenances, enjeux et perspectives autour de biens culturels en provenance du Bénin conservés en France. Exemple de travail collaboratif au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse

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Isabel Nottaris : Université de Bourgogne

Résumé de la communication

Dans un contexte de débats internationaux sur la légitimité des musées occidentaux à détenir des biens acquis dans des conditions de violence coloniale, il devient nécessaire d’approfondir les recherches de provenance des collections en collaboration avec différents acteurs universitaires, patrimoniaux et “sachants” en France comme au Bénin. Cette communication se propose de présenter un projet collaboratif et transcontinental qui s’inscrit dans le sillage des nouvelles pratiques de recherches participatives et de projets inclusifs qui se développent depuis quelques années dans les musées conservant ce type de collections. Parmi les biens culturels africains conservés au muséum d’histoire naturelle de Toulouse, les objets en provenance du Bénin sont une quarantaine. Les plus anciens datent de la fin du XIXe siècle et ont été acquis en contexte colonial, les plus récents ont été achetés sur le marché de l’art sans informations détaillées sur leur contexte d’appropriation. Le Muséum de Toulouse a initié en 2022 et 2023 un travail collaboratif autour de ces objets mobilisant une dizaine d’acteurs béninois, mêlant professionnels des musées, universitaires, étudiants et “sachants”. Ce projet s’inscrit dans la durée et doit se poursuivre dans les années à venir.

Résumé du colloque

Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.

Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.

Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 15 mai 2024

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