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Maïlys Genouel : École normale supérieure de Lyon
Dans un contexte d’urbanisation et de changements climatiques, les dommages causés par les inondations ayant augmenté, le risque de pollutions induites par ces inondations et susceptibles de perturber le métabolisme urbain s’est aussi accru. En adoptant une approche constructiviste de la pollution, nous cherchons à évaluer dans quelle mesure elle est définie comme un problème social au sein de l’arène des gestionnaires.
Trente-trois entretiens semi-directifs ont été réalisés avec des gestionnaires qui travaillent dans divers services (aménagement, environnement, sécurité civile…) de différentes circonscriptions territoriales liées à dix villes en France et au Québec. Les entretiens ont été retranscrits pour traiter le corpus via une méthode mixte, entre quantitatif (analyse de contenu et textométrie) et qualitatif (extractions de citations).
Grâce à une approche comparative des discours, nous relevons une diversité de pollutions induites par différents types d’inondations et nous soulignons l’influence de leur contexte. En s’appuyant sur les réflexions issues des discard studies, nous identifions des obstacles à l'émergence de ce problème dans l’arène opérationnelle : cloisonnement des services et définition confuse des pollutions, minimisation du danger, valorisation d’une approche individuelle de la résilience. L’étude spécifique des pollutions liées au débordement des réseaux d’assainissement permet de nuancer le constat d’une absence de préoccupation.
Des risques à réévaluer
2023 est l’année des records. Record des températures d’abord : juillet 2023 a été le mois le plus chaud jamais enregistré dans le monde avec 0,51 degré au-dessus de la moyenne 1991-2020. Des sécheresses, ensuite : l’Europe a connu une sécheresse historique durant l’été 2023. Des incendies, enfin : à la mi-août, le Canada enregistre plus de 14 millions d’hectares de surface brûlée, dont plus de 700 000 hectares pour le Québec, selon la SOPFEU à la même période. Pourtant, le Canada est un précurseur dans la prévision du risque d’incendies de forêt avec l’indice forêt-météo, de Ressources naturelles Canada, qui évalue le risque d’incendie sur une base quotidienne. Le calcul du risque est renforcé par une couverture satellitaire des points chauds partout au pays, avec à la clé une cartographie du risque. Mais le Canada est un pays de forêts, et la forêt est à la fois victime des incendies et vecteur, car elle fournit elle-même le carburant (combustible). Paradoxalement, c’est la zone nordique qui est la plus touchée. Le 15 août, la Ville de Yellowknife, au nord du 62e parallèle, ordonne l’évacuation de ses 20 000 habitants en raison de menaces d’incendies. Les conditions météorologiques y étaient favorables à cause de la sécheresse qui a sévi. Les causes des incendies sont pour plus de 80 % d’origine naturelle (foudre). En juin déjà, un grand nombre de foyers sont déclarés incontrôlables. Faut-il revoir l’indice forêt-météo à la lumière des changements climatiques? Les défis demeurent énormes aussi sur les plans de la prévention et de l’adaptation à ces risques, et les recherches doivent mettre l’accent sur ces aspects.
Les recherches devraient se poursuivre également sur d’autres risques, plus récurrents. La cartographie des zones inondables, par exemple, est à parfaire, et les modèles de prévision sur les périodes de retour des crues extrêmes, à améliorer.
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