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Kostanca Cuko : Haute école pédagogique
Quand on parle de développement de la compréhension en lecture, on ne peut passer sous silence le contexte sociolinguistique dans lequel évoluent nos élèves. « Lire en n’importe quelle langue c’est toujours lire … mais apprendre à lire en langue seconde ce n’est pas apprendre à lire en langue première » (Chomentowski,2021, p. 280-281). L’entrée en littératie en français langue première n’est donc pas le même processus que l’apprentissage de la lecture en français langue de scolarisation ou seconde. Ceci repose sur des mécanismes cognitifs, linguistiques mais aussi métalinguistiques qui combinent des processus phonologiques, morphologiques et orthographiques du capital linguistique entier de l’élève.
Dans le cadre de cette recherche, nous nous sommes intéressées à l’éventuel lien entre les profils sociolinguistiques, les connaissances morphologiques et les compétences en compréhension de lecture des élèves plurilingues qui fréquentent la classe de 4e primaire dans le canton de Fribourg, en Suisse.
À la lumière des résultats obtenus, nous allons aussi proposer quelques pistes didactiques sur la prise en considération du capital langagier des élèves dans le développement des compétences en littératie, notamment des connaissances morphologiques et de la compréhension en lecture chez les élèves plurilingues du primaire.
Au cours des trente dernières années, particulièrement dans la dernière décennie, la recherche portant sur la littératie étudie de manière intensive la contribution des connaissances morphologiques. Ainsi, au regard de leur relation avec la lecture, certaines études concluent qu’elles jouent un rôle fondamental, et ce, dès le début de la scolarité (Cohen-Mimran et al., 2022). D’autres études ont permis d’alimenter des modèles théoriques qui capturent leur rôle direct ou indirect lors de la lecture de mots (Levesque et Deacon, 2022) ou de la compréhension de textes (Levesque et al., 2019). Quant à la relation des connaissances morphologiques et du vocabulaire, des études l’ont explorée en profondeur afin de déduire le sens unidirectionnel (Fejzo et al., 2020) et bidirectionnel de cette relation (Saidane et al., 2020). Finalement, en ce qui concerne leur contribution à l’écriture, certaines études ont permis d’éclairer sur la manière d’intégrer les connaissances morphologiques en salle de classe, par un enseignement implicite ou explicite, afin d’améliorer la performance en orthographe lexicale (Burton et al., 2021), alors que d’autres études ont permis de documenter les liens entre les connaissances morphologiques et la qualité des textes produits (Zhang, 2021).
Si, dans l’ensemble, ces recherches indiquent que les connaissances morphologiques s’avèrent fondamentales pour l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, le présent colloque souhaite faire l’état des connaissances issues des récentes études portant sur les connaissances morphologiques et la didactique du français.
À cet effet, nous proposons les axes suivants :
Titre du colloque :