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De B'béri Boulou Ebanda : Université d'Ottawa
La rumba ou « nkumba » (nombril en kikongo), dans sa formulation originale, décrit l'union et le frottement des nombrils, une danse qui marquait les célébrations pour les populations du Royaume du Kongo (qui s’étendait sur ce que nous connaissons aujourd'hui comme l’Angola, la République du Congo et la République Démocratique du Congo), (Unesco, 2022). Cette description de la rumba offre un prétexte à cette communication. En effet, dans « d’Autres » mondes francophones d’Afrique et dans les Antilles, il semble s’y produire des pratiques culturelles en marge du discours dominant sur le patrimoine culturel francophone. C’est ainsi qu’en 2021, seulement, la « rumba congolaise » réussissait d’entrer dans ce monde de la reconnaissance internationale ; mais combien d’autres expressions culturelles de ces Autres mondes sont encore dans les marges patrimoniales de la culture francophone? Cette étude préface une recherche complexe et longitudinale visant, entre autres, à conceptualiser l’arbre de connaissances d’une intelligence collective illustrant les différentes pratiques culturelles dans les mondes francophones d’Afrique et des Antilles noires, en ce qui concerne notamment : (1) leurs rapports à l’histoire ; (2) leurs pratiques de survie, de détournement ou de marronnage (de Certeau, 1990; Ebanda de B’béri, 2012) et (3) leurs stratégies opératoires pour maintenir un équilibre écologique, vivre-ensemble et assurer la paix sociale (Glissant, 2006).
Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.
Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.
Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.
Titre du colloque :