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Retour d’expérience de l’École des communs

JD

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Jules Desgoutte : Artfactories/autreparts

Résumé de la communication

Dans l’en-commun de l’alimentation, les pratiques des acteurs visent à défaire la dépendance des mangeurs à l’industrie agroalimentaire et à (ré)inventer des actes collectifs pour la subsistance. Dans la perspective progressiste, le terme subsistance est un stigmate qui évoque survie, pauvreté, manque. Ce verrou idéologique justifie l’accaparement et l’expropriation des conditions autonomes de la subsistance (les enclosures) par le marché ou l’état ou les deux ensemble. Faire commun consiste en un retournement du stigmate. Il s’agit de rendre visible une société de la subsistance déjà là et désarrimée de la production du capital et où les servitudes favorisent les interdépendances. La mise en valeur des ressources opère par le renouvellement
du récit partagé. L’École des communs propose de soumettre à l’enquête les relations entre les différents protagonistes concernés, dévoiler ce qui est une préoccupation partagée. Puis, en suivant les personnes dans leurs attachements et en reliant les objets de leur concernement, faire émerger les controverses qui sous-tendent l’action et les pratiques de chacun et chacune. Nous explorerons comment l’école des communs mobilise l’économie communautaire, les modèles de comportements des communautés et comment cet outillage pourrait être élargi pour évaluer les effets des communs sur le bien être des personnes et de la communauté elle-même.

Résumé du colloque

« Les communs sont partout ! » observaient déjà plusieurs auteurs et autrices au tournant du 21ᵉ siècle (Dardot et Laval, 2014; Federici, 2019). Le constat de l’utilisation du terme « communs » dans divers contextes, allant de la guerre de l’eau à Cochabamba, en Bolivie, au mouvement altermondialiste, ainsi qu’aux occupations de places comme à Wall Street et Ghezi à Istanbul, a suscité l’intérêt de la recherche pour ce thème. Il y a déjà plus d’une décennie, George Caffentzis (2012) recensait des milliers de publications sur les communs, une littérature qui n’a fait qu’augmenter depuis. Parmi ces travaux, nous retrouvons différentes compréhensions et définitions des communs, qui se revendiquent de traditions théoriques fort distinctes, menant parfois à des analyses contradictoires du même phénomène. De plus, différents organismes font usage du terme dans des contextes qui en déforment passablement le sens, comme lorsque la Banque mondiale expulse des peuples traditionnels de leurs territoires au nom du « patrimoine commun de l’humanité » (Federici, 2019). Dans ce contexte, il devient pressant de prendre la mesure de ces enjeux et de cartographier les différentes approches des communs pour tenter d’y voir plus clair, notamment par rapport à certaines thématiques que ce colloque entend prioriser.

Selon la définition proposée par le Collectif de recherche sur les initiatives, transformations et institutions des communs (CRITIC), qui organise ce colloque, les communs sont des ensembles de pratiques sociales ancrés dans des collectivités autodéterminées et des formes de communalisation. Ils répondent à différents besoins et aspirations au moyen de valeurs de partage, de soin, de participation, d’inclusion, de soutenabilité et de convivialité. Promouvant le droit d’usage et le devoir de responsabilité, les communs préfigurent une alternative à la propriété privée et constituent un processus d’apprentissage collectif. Cette définition affiche une volonté explicite de situer les communs dans un contexte sociohistorique, politique et économique plus large pour comprendre leurs dynamiques relationnelles avec les systèmes économiques et les normativités politiques, sociales et culturelles dans lesquelles ils s’insèrent.

En présence de Pierre Dardot et Christian Laval, invités d’honneur du colloque, nous vous proposons d’explorer les communs par le truchement de six axes dans deux conférences de nos invités d’honneur et vingt-cinq présentations universitaires ou terrains :

  1. Politiques des communs;
  2. Communs numériques;
  3. Économie sociale et solidaire, et communs;
  4. Care, féminisme et commoning;
  5. Communs de connaissances et de transfert de savoirs;
  6. Partenariats public-communs et espaces réappropriés.

À ces interventions s’ajoutera une visite hors site à l’Atelier Mauril-Bélanger, où se dérouleront nos activités de réseautage de fin de journée.

Coresponsables : Yann Pezzini, Ambre Fournier et Jonathan Veillette

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 15 mai 2024

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