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Sadio Ba Gning : Université Gaston-Berger
L’émergence de figures féminines dans l’entrepreneuriat révèle des trajectoires et des imaginaires de genre différenciés. En dépit d’une abondante littérature sur les multiples contraintes à l’autonomisation, d’autres recherches révèlent les capacités des entrepreneures à négocier leur agentivité sans remettre en cause les normes de genre (Gning, 2022 ; Gomez-Perez & Jourde, 2021). Face à ces deux logiques contradictoires, cette communication vise à questionner les perceptions de genre et de l’autonomisation véhiculées dans l’entrepreneuriat féminin au Sénégal. Il s’agit alors d’analyser les données biographiques de l’enquête FRES (2016-2019)[1]. Les résultats de notre recherche montrent que l’entrepreneuriat d’ancrage et de conquête reflète le visage d’une vision contextualisée et relationnelle du genre (compris comme l’imbrication des rapports de pouvoirs et des solidarités) et la principale condition de l’autonomisation des femmes dans un pays marqué par le poids des normes religieuses et familiales.
[1] Les résultats qui sont présentés ici s’inscrivent dans le cadre du programme de recherche « Femmes, réseaux sociaux/religieux et entrepreneuriat au Sénégal » financé par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) entre 2016-2019 et coordonné par Sadio Ba Gning. L’enquête porte sur 100 entrepreneures sociales, 20 informateurs clés. Elle s’est déroulée de septembre 2016 à octobre 2017 à (Dakar, Saint-Louis, située au Nord du Sénégal et Ziguinchor, au Sud).
L’entrepreneuriat féminin occupe aujourd’hui une place de choix dans l’agenda des organismes internationaux de développement. En Afrique subsaharienne, en particulier, les États comme les bailleurs de fonds mettent de l’avant l’importance de l’emploi et de l’entrepreneuriat pour l’autonomisation des femmes, l’éducation et la santé des enfants, le bien-être des familles, la sécurité alimentaire et, plus largement, la réduction de la pauvreté sur le continent. Dans le cadre du premier sommet régional sur L’initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures, qui s’est tenu à Abidjan en 2019, les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest et d’autres pays ont pris un certain nombre d’engagements pour « démanteler les entraves systémiques à l’activité des femmes entrepreneures ». Les engagements et initiatives en faveur de l’entrepreneuriat féminin se sont effectivement multipliés, y compris dans les pays d’Afrique francophone. Malgré ces efforts, cependant, et bien qu’un dynamisme entrepreneurial soit bien réel en Afrique, les rares données scientifiques qui existent sur la question suggèrent des réalités de terrain bien loin des figures de femmes entrepreneures à la tête de grandes entreprises florissantes célébrées dans les magazines et les vignettes des rapports des bailleurs de fonds. Malgré de récentes améliorations, les femmes entrepreneures sur le continent font face à des défis de taille.
Dans un tel contexte, ce colloque vise à explorer les réalités de l’entrepreneuriat féminin en Afrique francophone et à réfléchir sur les nouveaux défis auxquels les entrepreneures africaines sont confrontées.
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