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Sur les traces des médias de l'an 2000 : entre volatilité numérique et préservation culturelle

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Brigitte Sebbah : Université Toulouse-III-Paul-Sabatier

Résumé de la communication

L'essor de la presse en ligne en France autour des années 2000, a engendré une pléthore d'initiatives, de la création de nouveaux médias en ligne (Mercier, 2014) à la mise en ligne des contenus de médias existants. Les médias natifs numériques ont couvert une diversité de sujets, généraliste, locale ou spécialisée. En effet, l’absence de subventions pour les médias numériques jusqu’en 2003 conjuguée à l’absence d’un répertoire national officiel des médias subventionnés et des hauteurs de subventions accordées, pose problème à la fois en termes de bien culturel public, d’histoire des médias mais également en termes de patrimoine culturel disparu ou partiellement disparu (Sebbah, 2022). Pour le chercheur en journalisme, tout questionnement sur l’évolution économique ou éditoriale des médias nés en ligne affronte le trou noir de ces disparitions. Il faut rappeler pourtant que l’information d’actualité et l’activité de presse sont peu rentables, et traversent depuis la fin des années 2000 une crise profonde, avec la fuite et baisse des revenus publicitaires et l’absence d’un modèle d’affaires clair sur le numérique (Degand, Grevisse, 2012). Cette recherche se focalise donc sur les "trous noirs" de la mémoire médiatique, et discutera du statut de ces médias en tant qu’entités culturelles non préservées et témoins essentiels de l’histoire médiatique et numérique contemporaine.

Résumé du colloque

Dans le champ des politiques de la culture, il est d’usage de référer au modèle américain, au modèle britannique, ou encore, au modèle français comme des archétypes de politiques culturelles qui agissent comme autant de modèles nous permettant de catégoriser, d’organiser et de comparer différentes politiques et formes de gouvernance de la culture. Ces grands modèles nationaux, utilisés dans les recherches comparatives, cachent peut-être des dynamiques institutionnelles, politiques et professionnelles qui sont plus complexes.

Dans le cadre de ce colloque, nous nous intéressons aux forces de l’histoire, aux liens culturels et à la langue comme étant des vecteurs d’institutions, de modèles de référence, mais aussi comme étant des forces habilitant des manières de penser, de problématiser et de structurer le secteur des arts et du patrimoine. Plutôt que de penser aux modèles de gouvernance de la culture à partir des grands archétypes nationaux de référence, nous souhaitons décentrer le regard sur les affaires culturelles pour l’élargir et le poser sur les espaces linguistiques et civilisationnels. À l’instar du monde anglophone, hispanophone ou lusophone, le monde francophone est un espace de circulation et de diffusion d’idées culturelles, de modèles et de pratiques sur lesquels les décideurs et professionnels de la culture prennent appui.

Ce colloque invite les universitaires à s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux expertises de la culture (art et patrimoine) qui circulent au sein du monde francophone. Il s’agit de mettre en relief certaines singularités et différences qui émergent dans la manière dont on aborde plusieurs grands sujets actuels, notamment la restitution des biens culturels, la diplomatie culturelle, les pratiques de patrimonialisation, le financement des arts et du patrimoine, l’inclusion, la démocratisation et la participation culturelle ainsi que la culture à l’ère du numérique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 15 mai 2024

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