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Alexis Tétreault : Université d'Ottawa
L’enjeu du canon en philosophie et plus particulièrement de l’absence de diversité de genre au sein de ce même canon a été l'objet de nombreuses réflexions au courant des dernières années. Contestant l’héritage reçu par ceux ayant construit le canon, certains appellent à sa diversification thématique, à l’inclusion de nouvelles figures au sein de ces mêmes thèmes ou au rejet du critère de causalité comme outil de sélections des figures.
Cette communication déplacera l’interrogation en amont du processus de canonisation ayant eu cours au XIXe siècle et s’interrogera sur comment l’Encyclopédie représente un lieu d’effervescence pour des réflexions sur les lieux communs en philosophie, voire ce que l’on pourrait nommer un lieu où se performe une politique mémorielle des figures philosophiques et plus particulièrement des philosophesses. Nous croyons que divers articles de Diderot, d’Alembert et de Jaucourt donnent à voir non seulement une valorisation des femmes philosophes, mais aussi l’affirmation d’une égalité à l’endroit de l’ethos du philosophe.
La communication suivante présentera, dans un premier temps, certaines postures contemporaines sur la valorisation et l’inclusion de certaines femmes philosophes au sein du canon. Dans un second temps, nous explorerons comment certains articles de l’Encyclopédie performent, à travers leurs rejets et leurs louanges, la création d’un héritage philosophique incluant des figures féminines.
Que disons-nous quand nous clamons être marxistes, épicuriens ou spinozistes ? Que signifie être utilitariste, nominaliste ou matérialiste ? La philosophie, discipline éminemment critique, est étonnamment, aussi, marquée par une activité incessante de production de filiations. Les philosophes, souvent, inscrivent leur travail de production conceptuelle dans le sillage d’autres philosophes, revendiquent un concept arraché à un corpus existant ou prétendent restituer l’authenticité d’une démarche repérée dans les replis d’une œuvre. Que les philosophes admettent ou non faire de l’histoire de la philosophie, toujours est mis en scène un état de la discipline par rapport auquel leur opération se situe, toujours leur pensée fournit des indices au sujet des lieux où elle a trouvé ses matériaux.
Cet atelier s’intéressera à la manière dont les philosophes ont thématisé la question de l’héritage, de l’héritage plus proprement philosophique, c’est-à-dire de la manière dont est abordée la question de la réception, mais depuis la perspective de la personne qui reçoit. Comment use-t-on d’un legs ? Quel devoir de fidélité avons-nous par rapport à lui, et comment sait-on que nous lui faisons honneur ? De quelle liberté disposons-nous à son égard et à partir de quand peut-on dire que nous avons rompu avec lui ?
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