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Un modèle de formation délocalisée en communauté autochtone pour favoriser le parcours d’apprentissage d’élèves autochtones en formation professionnelle

JJ

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Jo-Anni Joncas : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Des études ont exposé le rôle favorable de la formation professionnelle (FP) tant pour l’insertion sociale qu’économique des personnes autochtones que pour leur bien-être (Bandias et al., 2014; Cameron et al., 2017; Ceric et al., 2022; Helme, 2007; Joncas et al., 2022). Elles indiquent notamment que, par sa nature axée sur la pratique, davantage ancrée dans le terrain et dans l’observation, la FP proposerait une méthode d’enseignement se rapprochant des méthodes d’apprentissage traditionnelles (Brigham et Taylor, 2006; Helme, 2005). De même, la FP constituerait un levier social pertinent en permettant aux diplômés de s’impliquer activement dans leur communauté et de répondre aux besoins immédiats en main d’œuvre (Brigham 2006; Cameron et al., 2017; Jorgensen 2020; Hamerton et Henare 2017; Helme, 2007). Les interventions qui s’avéreraient les plus prometteuses pour favoriser la réussite des élèves autochtones en FP seraient celles inscrites dans une approche décoloniale (Beaudry et Perry, 2020; Joncas et al., 2022). Cette communication présente un modèle de FP délocalisée en communauté autochtone qui s’inspire de cette approche. Pour documenter ce modèle, 23 gestionnaires et intervenants d’organisation autochtones et de centres de FP ont été rencontrés lors d’entretiens semi-dirigés. La mise en place d’un tel modèle partenarial apporterait un soutien important tout au long du parcours des élèves et soutiendrait l’épanouissement des communautés.

Résumé du colloque

Le secteur de la formation professionnelle est marqué par la diversité sociale et scolaire des élèves (âge, origines sociales et économiques, parcours scolaires antérieurs, expériences de vie et de travail, etc.) (Beaucher et al., 2021). La non-linéarité des parcours et la pluridimensionnalité de l’expérience en formation professionnelle sont souvent la norme (Coulombe et al., 2019; Mazalon et Bourdon, 2015; Molgat et al., 2014). Afin de favoriser l’accompagnement de ces élèves, il est impératif de bien les connaître, y compris leur parcours et la façon dont ils apprennent. Cette meilleure compréhension permet d’adapter les mécanismes, les conditions d’apprentissage professionnel et les contextes d’études à leurs besoins.

Les parcours d’apprentissage sont compris comme les processus liés au développement identitaire des personnes (Bourgeois, 2009) et concernent tant les apprentissages informels acquis dans les tâches et les interactions quotidiennes que les apprentissages formels faits à même des programmes de formation (Alheit et Dausien, 2005). L’apprentissage est donc conçu « en tant que (trans)formation d’expériences, de savoirs et de structures d’action dans l’inscription historique et sociale des mondes-de-vie individuels » (Alheit et Dausien, 2005, p. 11), les mondes-de-vie faisant référence aux différentes sphères de vie (ex. : famille, école, loisirs). Ces parcours s’étendent donc tout au long et au large de la vie, représentant la situation de plusieurs élèves de la formation professionnelle. Ils ne sont pas le produit unique de choix rationnels, mais sont influencés par l’origine sociale des personnes, ses représentations sociales, son réseau et ses relations, de même que par les contraintes institutionnelles et situationnelles (Bloomer et Hodkinson, 2000; Supeno et al., 2022). Ainsi, l’étude des parcours des élèves de la formation professionnelle permet de mieux cerner leur réalité et leurs besoins dans une perspective de mieux y répondre. Ce faisant, les apprentissages de ces derniers s’en trouveront bonifiés. Puisque les apprentissages professionnels sont marqués par des logiques de développement de compétences chez l’adulte et d’insertion régies par le marché du travail (Billett, 2001; Pastré, 2011), l’ensemble des sphères de vie sont susceptibles d’influencer la formation et la qualification des élèves de la formation professionnelle, dont le support du réseau social de l’élève lors d’une transition scolaire (Germain et Marcotte, 2019; Cournoyer et Bourdon, 2012), notamment lorsqu’il a des difficultés d’apprentissage (Lombardi et al., 2016; Rahat et Ilhan, 2016).

Ce colloque souhaite contribuer à l’enrichissement des connaissances quant aux élèves de la formation professionnelle par la création d’un espace de partage entre personnes chercheuses, étudiantes et praticiennes, et ce, à partir de l’axe des parcours et des apprentissages.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Stéphanie Breton
section icon Date : 15 mai 2024

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