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Christophe Abrassart : Université de Montréal
Le numérique et l’Intelligence artificielle se diffusent de plus en plus, et leur empreinte environnementale ne cesse d’augmenter. D’après une récente étude (ARCEP et ADEME, 2023), à l’échelle d’un pays comme la France cette empreinte représente en 2020 2,5% des émissions de GES et 10% de la consommation électrique du pays, et pourrait croître d’ici 2050 avec une augmentation de près de +200% pour les GES et près de +100% pour la consommation électrique. Les facteurs déterminants de ces scénarios sont notamment l’adoption de l’éco-conception et de l’économie circulaire, la maitrise des effets rebonds, mais aussi la sobriété dans les usages. En effet, dans ces scénarios 2050, seuls ceux qui prévoient des mesures de sobriété fortes permettent d’éviter ces augmentations. S’intéresser à la sobriété c’est envisager une variable déterminante des transitions numérique et écologique, sans les dissocier des enjeux éthiques et sociaux comme la capture de l’attention, la protection des données personnelle et les libertés publiques (LINC, 2023). De plus, la mise à l’agenda du thème de la sobriété dans différentes politiques publiques (énergétique, foncière, numérique, matérielle) ouvre des espaces d’innovation sociotechnique très prometteurs pour le vivre ensemble et la justice sociale et environnementale. Nous en ferons une cartographie.
Nous évoluons dans une époque où la technologie numérique est présente dans presque tous les aspects de notre vie. Si les avantages du numérique sont indéniables, il est évident que persistent également une série de défis éthiques, sociaux et environnementaux liés à la production et à l’utilisation des technologies numériques. Comme on le constate au congrès cette année, le milieu politique du Québec démontre lui aussi une intention ferme d’accélérer le virage numérique sur divers fronts, notamment celui de la production de données pour la prise de décision éclairée. La responsabilisation du numérique est une clé essentielle à ce virage.
Le numérique responsable est l’ensemble des technologies de l’information et de la communication dont l’empreinte économique, écologique, sociale et sociétale a été volontairement réduite ou qui aident l’humanité à atteindre les objectifs du développement durable (ODD). En tant que secteur d’activité transversal à tous les autres, le numérique est responsable d’une part croissante de l’émission de GES et des matières résiduelles (ex. : déchets électriques et électroniques), sa part mondiale d’émission s’élevant à 5 %. Géré de façon responsable, le numérique a la capacité de réduire l’impact environnemental de l’ensemble des secteurs économiques et ainsi accélérer l’atteinte des ODD.
Le présent colloque permettra d’explorer trois grandes priorités pour saisir l’occasion offerte par le numérique pour le développement durable : travailler sur les infrastructures afin de favoriser un accès universel au numérique, pénétrer les marchés verticaux pour y appliquer des solutions de réduction des émissions de GES et des matières résiduelles ainsi que mettre les outils en place pour favoriser une appropriation massive du numérique par les organisations et les populations.
Le colloque vise à mettre de l’avant la recherche et l’engagement universitaires sur le numérique responsable ainsi qu’à sensibiliser, collaborer et explorer les impératifs éthiques en augmentant la littéracie sur les indicateurs de mitigation d’impact et les outils de développement de maturité numérique.
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