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Sécou Omar Diedhiou : Nantes Université
Située dans le Sud du Sénégal, la commune de Kolda, développée sur un site fluvial, s’est construite sur un mariage de raison avec l’agriculture urbaine. Néanmoins, l’importance de sa population urbaine, qui exerce une pression foncière, génère des conflits d’utilisation du sol (logement, habitat et agriculture). Malgré les transformations de l’espace rural, les espaces agricoles locaux offrent des conditions écologiques favorables à la pratique de l’agriculture. Ces espaces agricoles de vallées, de bas-fonds et de plateaux s’imposent comme lieux de production agricole de proximité et de solution efficace et durable pour assurer la sécurisation alimentaire et nutritionnelle des communautés locales. Cette communication questionne le rôle et l’apport des agriculteurs urbains dans la sécurisation alimentaire des exploitants agricoles en identifiant les autres acteurs concernés, les modes d’accès à la terre, leurs pratiques et la façon dont l’activité agricole contribue à la sécurisation alimentaire et de leurs revenus. Face au manque de données officielles sur les exploitants agricoles, aux marchands de légumes et le caractère informel de la commercialisation, un travail qualitatif et quantitatif a été mené. Il s’est appuyé sur l’exploitation de 63 fiches d’un même questionnaire soumis aux exploitants agricoles et de 50 autres aux marchands de légumes en 2023.
L’Agenda 2030 de l’ONU montre clairement que la transition vers des systèmes alimentaires écologiquement, socialement et économiquement durables est une nécessité pour atteindre le développement durable (ONU, 2015). Or, selon le rapport intitulé L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, tout porte à croire que l’Objectif de développement durable n° 2 – éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable – ne sera pas atteint d’ici à 2030 (FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS, 2021). La sécurité alimentaire fait référence à « un état selon lequel les populations ont accès en tout temps, dans la dignité, à suffisamment d’aliments pour pouvoir mener une vie saine et active » (Hamelin et Bolduc, 2003, p. 58). La COVID-19 et la guerre en Ukraine ont fragilisé les systèmes d’approvisionnement et les filières agricoles. Plusieurs pays font actuellement face à des problèmes d’accès à l’alimentation. Les liens d’interdépendance entre agriculture et sécurité alimentaire, d’une part, et enjeux globaux du climat et biodiversité, d’autre part (Le Grix, 2021), démontrent la nécessité de mettre en place des systèmes alimentaires résilients aux échelles locales pour faire face aux défis actuels et ceux qui pourraient survenir dans l’avenir.
Différentes organisations publiques, citoyennes et/ou communautaires ont ainsi adopté des démarches ou des stratégies invitant les acteurs territoriaux à relocaliser la production alimentaire au service des communautés. Ces dernières s’engagent dans un processus de coconstruction en faveur de la sécurité alimentaire pour augmenter la production et la consommation d’aliments locaux en passant par le développement du sentiment d’appartenance et une appropriation de l’espace public.