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Guillaume Gentil : Carleton University
En raison de l’engouement suscité, les outils d'intelligence artificielle générative comme ChatGPT soulèvent de vifs débats dans l’enseignement supérieur sur les meilleures façons de les utiliser, ou les éviter, et leur impact sur l’apprentissage, l’évaluation et les compétences à valoriser (Anctil, 2023). Ce questionnement s’est posé dans le cadre d’un cours de 3e année visant au perfectionnement de l’écrit en français par la traduction, dans le contexte d’une université anglophone. L’un des objectifs du cours est de développer une utilisation autonome et raisonnée des aides numériques à la rédaction, à la traduction et à la révision, auxquelles s’ajoute maintenant ChatGPT. Cette présentation rapporte les résultats d’une recherche-action sur une séquence pédagogique visant à explorer les affordances de ChatGPT, comparées à d’autres outils tels qu’Antidote et DeepL, pour la révision linguistique et l’apprentissage du français. S’appuyant sur le modèle de la littératie en IA de Warschauer et al. (2023) et les recherches en apprentissage par l’écrit et le numérique, cette séquence a inclus une leçon sur l’IA générative et plusieurs activités et travaux réflexifs. Les conversations des élèves avec ChatGPT et leurs réflexions sur son emploi révèlent une prise de conscience du potentiel complémentaire de ChatGPT et d’Antidote (parmi d’autres outils), avec des préférences individuelles, tout en suggérant des pistes pour la conception de logiciel, la recherche et la formation.
Les outils issus de l’intelligence artificielle – on pense particulièrement aux outils de traduction automatique comme DeepL ou des agents conversationnels comme ChatGPT – sont désormais utilisés de plus en plus massivement par les apprenant·es de langue (par exemple pour faire leurs devoirs à la maison), même s’ils demeurent rarement pris en charge par la communauté enseignante. Or, l’utilisation de ces outils soulève ou renouvelle un grand nombre de questions didactiques relatives à l’usage du numérique pour chacune des étapes de la production d’un texte en langue maternelle, seconde ou additionnelle, de la génération des idées à la révision textuelle (Wang et Wen, 2002). De nouvelles littératies numériques se font jour (Lacelle et al., 2017), mettant au centre du processus la multimodalité et requérant de nouvelles compétences de la part des apprenant·es-scripteur·es. Parallèlement, des méthodologies émergent dans le champ de la linguistique appliquée (Hamel et Seror, 2016; Yi et al., 2022), qui permettent d’apporter des éclairages inédits sur certains aspects du processus d’écriture, de traduction, d’interaction ou de création. Enfin, des enjeux didactiques liés au développement de ces littératies numériques et à leur évaluation (Dupuy, 2023) sont remis au centre des questionnements alors que les enseignant·es se montrent encore réticent·es au recours à ces outils dans la salle de classe (Grassin et Guichon, 2019).
En réunissant un panel de chercheur·ses en didactique des langues travaillant sur la littératie numérique, le symposium organisé dans le cadre de l’Acfas à Ottawa se donne comme mission d’examiner ces questionnements et enjeux et de dessiner des perspectives de recherche et de formation.
Titre du colloque :