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Audrey Groleau : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Par une recherche de développement (McKenney et Reeves, 2012) antérieure, nous avons produit une grille de critères pour choisir des livres jeunesse portant sur des enjeux environnementaux (DeRoy-Ringuette et Groleau, 2023). Cette grille, qui allie des éléments littéraires, scientifiques et environnementaux, sert à porter un regard critique sur les livres que les personnes enseignantes donnent à lire aux élèves. Pour cette communication, seuls les critères littéraires qui reposent sur le personnage, le cadre spatiotemporel et la tonalité (Saricks, 2005) sont retenus. Les critères environnementaux choisis tiennent compte des principes pour une éducation aux changements climatiques critique, politique et transformatrice (Arseneau, Groleau et Pouliot, 2023) et mènent à positionner l’ouvrage sur des continuums relatifs aux attitudes et comportement (p.ex. entre déni et catastrophisme). Avec ces critères, nous proposons d’analyser un corpus de livres de fiction traitant de consommation publiés au cours des dix dernières années destinés aux jeunes (n=18). De ce corpus, élaboré à l’aide du catalogue de BAnQ, nous avons analysé, avec notre grille, les différentes perspectives selon lesquelles les livres jeunesse contemporains traitent de consommation, une question socialement vive (Legardez, 2006) souvent associée à une relation trouble entre « l’être » et « l’avoir » qui témoigne des spécificités de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement sur le plan éco-nomique.
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
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