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Marietou Niang : Université Laval
De nombreuses conceptualisations de la mise à l’échelle et la pérennisation proposent des modèles et des règles normalisés qui mettent l'accent sur le changement à fort impact/immédiat. Ces cadres ne permettent pas de prendre en compte la complexité inhérente aux contextes d’implantation et d’identifier ce qui doit être maintenu, ou non, dans les programmes à grande échelle et par quels processus.
L’objectif de cette communication est de présenter deux cadres conceptuels interdépendants construits en deux étapes : théorique et empirique. L’étape théorique a été faite par l’utilisation d’une théorie de la complexité combinée à une revue de la portée. L’étape empirique a consisté à mener une étude qualitative de trois innovations sociales en santé.
Le premier cadre propose une vision holistique de l’innovation, il permet de considérer les interventions comme des systèmes ouverts ayant des environnements interne et externe qui s’inter-influencent. Le deuxième cadre propose un changement téléologique de l’évaluation des interventions qui s’intéresse souvent à la stabilisation des interventions. En complément à la stabilisation, la résilience a été ajoutée dans ce cadre comme une dimension déterminante dans les processus de mise à l’échelle et de pérennisation. Elle permet de saisir les transformations, bifurcations, émergences et changements de trajectoires, d’échelles ou de structure qui surviennent lors d’événements perturbateurs durant le développement de l’intervention.
La santé mondiale est un champ de recherche et de pratique qui vise l’amélioration de la santé et l’équité en santé pour tous les peuples (Koplan et al., 2009). Elle s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire et intersectorielle, et considère que les problématiques, les déterminants et les solutions en santé transcendent les frontières. Si cette définition est connue, la diversité des pratiques et des lieux de pratique l’est moins, d’où l’importance de connaître et de reconnaître la santé mondiale par ses pratiques.
Par ailleurs, certains défis et enjeux sont particulièrement saillants en santé mondiale, dont les trois qui seront abordés dans le cadre de ce colloque : 1) la complexité de la mise à l’échelle des interventions développées dans différents contextes met en évidence le difficile équilibre entre la nécessité que les interventions réussies dans un contexte puissent profiter à d’autres populations et le respect des particularités locales; 2) la difficulté de pérenniser les interventions, particulièrement dans les pays à revenu faible et intermédiaire, constitue une menace réelle à l’amélioration des indicateurs sociosanitaires dans ces pays et à l’efficacité de l’aide au développement; et 3) la gestion et le partage des données existantes issues de la recherche soulèvent des questions relatives à leur accès, leur utilisation et leur souveraineté, notamment en contexte de « numérisation du monde ».
C’est sous la thématique des Pratiques et enjeux en santé mondiale que les experts·e·s du groupe de travail sur la santé mondiale du Regroupement intersectoriel de recherche en santé de l’Université du Québec (RISUQ) et de l’Institut Santé et société, UQAM (ISS) proposent d’organiser un colloque visant à mieux connaître le champ contemporain de la santé mondiale.
Ce colloque sera l’occasion de partager des réflexions entourant la santé mondiale et certains enjeux qui la touchent. Il sera un lieu d’échanges et de discussions entre des chercheuses et chercheurs de formation et d’expertise diverses qui réalisent des recherches en santé mondiale dans les pays du Nord et du Sud. Les enjeux et défis soulevés mettront en lumière des questions contemporaines importantes en santé mondiale, d’autant plus que les études sur ces questions sont relativement récentes. Les trois grands thèmes du colloque, c’est-à-dire la mise à l’échelle, la pérennisation des interventions et le partage des données, sont encore mal définis, souvent étudiés séparément alors qu’ils s’interpellent mutuellement. On les considère souvent dans une perspective linéaire comme des étapes qui arrivent à la fin de la mise en œuvre d’un projet spécifique. En outre, les cadres qui existent sont souvent peu utilisés dans la pratique parce que difficiles à opérationnaliser. Enfin, l’accent mis sur les pratiques contribuera au partage d’outils pour interroger ces divers enjeux.
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