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Comment les approches d’évaluation des professeurs d’université ont-elles changé un an après l’arrivée de ChatGPT ?

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Catherine Déri : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Depuis l’introduction de ChatGPT en 2022, l’évolution rapide de l’intelligence artificielle générative (IAGén) a forcé les professeurs d’université à se questionner face aux risques de plagiat dans les travaux écrits des étudiants (Peters, 2023). Bien que le plagiat se définisse comme l’appropriation de « l’œuvre d’un autre individu en la faisant passer pour la sienne » (Jeffrey et Dias, 2019: 773), qu’en est-il lorsqu’un étudiant utilise l’IAGén pour l’aider à rédiger un travail? Les machines ne sont pas présentement reconnues comme des auteurs parce qu’elles ne sont pas imputables pour le contenu qu’elles génèrent (Nature, 2023). Nous nous sommes donc intéressées aux changements que les professeurs ont apporté à leurs approches d’évaluation, étant donné que le plagiat est en cours de redéfinition à la suite des derniers développements numériques. Dans une recherche à design mixte menée par un partenariat international, nous avons réalisé 25 entrevues avec des professeurs de cinq universités québécoises, en posant des questions sur les avantages et les inconvénients de l’IAGén pour l’évaluation des étudiants de premier cycle universitaire. Nos résultats attestent des changements apportés aux consignes de travaux écrits pour assurer un usage responsable de l’IA par les étudiants. Notre contribution s’inscrit dans une perspective de prévention du plagiat par le développement de stratégies pédagogiques favorisant la promotion de l’intégrité académique aux études supérieures.

Résumé du colloque

Les outils issus de l’intelligence artificielle – on pense particulièrement aux outils de traduction automatique comme DeepL ou des agents conversationnels comme ChatGPT – sont désormais utilisés de plus en plus massivement par les apprenant·es de langue (par exemple pour faire leurs devoirs à la maison), même s’ils demeurent rarement pris en charge par la communauté enseignante. Or, l’utilisation de ces outils soulève ou renouvelle un grand nombre de questions didactiques relatives à l’usage du numérique pour chacune des étapes de la production d’un texte en langue maternelle, seconde ou additionnelle, de la génération des idées à la révision textuelle (Wang et Wen, 2002). De nouvelles littératies numériques se font jour (Lacelle et al., 2017), mettant au centre du processus la multimodalité et requérant de nouvelles compétences de la part des apprenant·es-scripteur·es. Parallèlement, des méthodologies émergent dans le champ de la linguistique appliquée (Hamel et Seror, 2016; Yi et al., 2022), qui permettent d’apporter des éclairages inédits sur certains aspects du processus d’écriture, de traduction, d’interaction ou de création. Enfin, des enjeux didactiques liés au développement de ces littératies numériques et à leur évaluation (Dupuy, 2023) sont remis au centre des questionnements alors que les enseignant·es se montrent encore réticent·es au recours à ces outils dans la salle de classe (Grassin et Guichon, 2019).

En réunissant un panel de chercheur·ses en didactique des langues travaillant sur la littératie numérique, le symposium organisé dans le cadre de l’Acfas à Ottawa se donne comme mission d’examiner ces questionnements et enjeux et de dessiner des perspectives de recherche et de formation.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 16 mai 2024

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