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Marie-Eve Skelling Desmeules : Université d'Ottawa
Les écoles professionnelles en cirque amènent les élèves à se démarquer sur la scène artistique par le biais de multiples occasions de présentation devant public afin de démontrer ce qu’ils arrivent à accomplir. Pour ce faire, de nombreux artistes et formateurs les accompagnent dans la création de numéros disciplinaires où l’attention est souvent axée sur la dimension performative et le travail technique qu’elle sous-tend. Cette recherche détourne le regard souvent porté sur les prouesses physiques afin de mieux comprendre ce que les étudiants vivent au quotidien pour y parvenir. Il ressort de cette étude un important sentiment de vulnérabilité chez les étudiants qui reconnaissent que leurs expériences d’apprentissage sont influencées par une imposante charge émotive sans que celle-ci ne soit abordée en contexte de formation. Cette communication propose d’approfondir comment la dimension affective, peu considérée dans ce contexte de haute performance, peut impacter les expériences d’apprentissage, la qualité des relations pédagogiques et le niveau de performance atteint. Basée sur le concept d’expérience et sur la théorie de l’activité, cette recherche qualitative interprétative s’est tenue à l’École nationale de cirque (Montréal) et au Centre national des arts du cirque (France). Elle s’appuie sur la participation de 54 étudiants et 31 formateurs dont les perspectives ont été considérées par le biais d’entrevues individuelles, de groupes de discussion et d’observation.
L’importance des aspects affectifs dans la qualité de l’expérience scolaire n’est plus à démontrer, comme en témoigne l’intérêt marqué pour les émotions dans la recherche en éducation. Actuellement, plusieurs chercheurs tentent de comprendre d’où viennent ces émotions, comment elles sont vécues par les élèves et les enseignant·es et comment elles influencent la réussite éducative (Camacho-Morles et al., 2021). Par exemple, l’interprétation que l’élève fait de son environnement scolaire influence les émotions vécues, et celles-ci, à leur tour, influencent cette interprétation (Putwain et al., 2018). Les émotions sont aussi vécues différemment selon l’élève ou l’enseignant·e, l’expérience de ces émotions étant forgée par les compétences émotionnelles, le vécu et les caractéristiques individuelles (Pekrun et al., 2023). En outre, de multiples construits convoqués pour étudier la réussite éducative, comme l’engagement (Friedricks et al., 2004) ou la motivation (Eccles et Wigfield, 2020), ont une composante affective qui souligne le rôle des émotions. L’influence des émotions vécues par les élèves ou par les enseignant·es sur les indicateurs de réussite éducative tels le bienêtre ou le rendement a d’ailleurs été étudiée dans divers contextes (Camacho-Morles et al., 2021; Tam et al., 2019). La popularité croissante de l’étude des émotions à l’école et la complexité des relations entre émotions et contextes éducatifs soutiennent la pertinence d’établir un état de la situation, tant du point de vue de l’éducation que de celui d’autres disciplines qui abordent les émotions en contexte scolaire. Ce colloque s’intéresse donc aux questions suivantes : Quel est le rôle des émotions et des compétences émotionnelles des élèves et des enseignant·es dans la réussite éducative? Comment différents indicateurs de réussite éducative et contextes éducatifs influencent-ils les émotions vécues? Quelle est la place réelle ou souhaitée des émotions dans la définition de la réussite éducative?
Ce colloque est organisé par le Centre d’étude sur l’apprentissage et la performance (CEAP-UQAM).
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