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Firmin Gouba : Université Joseph Ki-Zerbo
La pandémie de la COVID-19 et les attaques terroristes régulières ont engendré une crise sécuritaire et de gouvernance démocratique dans le pays. De fait, l’attention est portée par toutes les composantes de la population sur l’élément de crise et sa gestion.
Mais, ce qui est en jeu et en débat dans le contexte burkinabè c’est la survie de la nation, la cohésion sociale, le vivre ensemble. D’où notre intérêt de réfléchir sur la question suivante : comment la communication de crise mise en œuvre par le gouvernement est organisée pour faire contrepoids à la propagande terroriste d’une part et contribuer à la refondation de la nation burkinabè d’autre part ?
L’objectif de notre contribution est d’analyser les pratiques communicationnelles du gouvernement burkinabè face à une pluralité de crises aux enjeux totalement contradictoires. Le deuxième objectif ambitionne de démontrer que la gestion de la communication de crise au lieu d’être une solution pour une organisation peut s’avérer être un problème. Le corpus de notre travail est constitué à partir de données documentaires et d’entretien avec des responsables de la communication gouvernementale, des responsables d’ONG engagés dans la promotion de la gouvernance démocratique et des droits de l’homme, des acteurs politiques et des hommes de médias. Nos références théoriques portent sur la théorie de l’attribution, la théorie situationnelle (Coombs) et la théorie de la persuasion.
Crise! Quelle crise?
Les crises se suivent, se superposent et coexistent, mais ne disparaissent jamais définitivement. Les dangers de catastrophes nucléaires ravivés par les conflits militaires récents; les conséquences des pandémies mondiales; la menace terroriste internationalisée et généralisée; l’influence de l’intelligence artificielle (IA) sur la transformation des métiers, des économies et des marchés mondiaux; les effets du réchauffement climatique sur la destruction de l’environnement et la vie sur la Terre… Les crises occupent une place de plus en plus importante dans les débats scientifiques et médiatiques, et invitent les chercheurs de disciplines et d’horizons différents à les étudier dans toute leur complexité.
Objectifs du colloque
L’objectif général de ce colloque est de comprendre les enjeux sociaux et organisationnels contemporains à partir desquels les crises redessinent l’ordre mondial. On souhaite ainsi faire dialoguer des théories, des approches et des études de cas interdisciplinaires, internationales et variées dans le domaine de la communication, de la gestion de crise et des disciplines connexes (l’information, le marketing, les relations publiques, la sociologie, la psychologie, la criminologie, les sciences politiques, le droit et l’administration, parmi d’autres). Le colloque vise à faciliter les débats portant sur les approches novatrices ou peu explorées jusqu’à présent ainsi que de dévoiler, juxtaposer et croiser des terrains, des cadres d’analyse et des méthodes de recherche innovants ou renouvelés. Le colloque fait ainsi dialoguer les travaux francophones et internationaux issus des courants traditionnels, post-modernes, post-humanistes, critiques et constitutifs, tant sur le plan des problématiques que des approches, des méthodologies, des terrains de recherche et de leur application dans différents contextes et études de cas. Pour ce faire, le colloque s’organise autour de trois axes.
Axes thématiques
Axe 1. Des épisodes cosmologiques aux crises « ordinaires » : diversité, uniformité et complémentarité des terrains, des cas et des approches de gestion et de communication de crise
Axe 2. Les crises entre rupture et continuité, entre désorganisation et organisation : élaboration et transformation « en train de se faire » des stratégies et des pratiques organisationnelles
Axe 3. Objets techniques, technologies numériques et intelligence artificielle : sources, accélérateurs ou panacées des crises?
Titre du colloque :