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Jean-Pierre Mercier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec, de nombreux adultes autochtones vivant sur une réserve détiennent un niveau de scolarité inférieur aux études secondaires (Statistique Canada, 2020). Ce fait est inquiétant quand on sait que le rehaussement de leur niveau de scolarité va de pair avec un meilleur revenu et que la participation à la formation de base peut aider ces adultes à accéder à des apprentissages ultérieurs par la poursuite des études ou autrement (Conseil en éducation des Premières Nations, 2010). En même temps, la participation des adultes autochtones aux études les oblige à concilier cette participation avec leur vie personnelle et communautaire.
Par cette communication, je souhaite présenter l’approche par les capacités (Sen, 2010) pour appréhender les dispositifs de conciliation études-vie en milieu autochtone de formation des adultes, de même que les possibilités de ces dispositifs. La communication mettra en relief les traces, repérables dans la documentation publiquement accessible, de ces dispositifs et ce qu’elles révèlent des possibilités effectives qui s’offrent aux adultes autochtones en formation, quand vient le temps de concilier leurs études avec l’ensemble de leur vie. En guise de conclusion, la communication proposera l’ébauche d’une réflexion sur les difficultés de sortir de la relation coloniale dans la recherche en milieu autochtone, ainsi que de connaitre les capacités des autochtones pour celui qui ne l’est pas.
Ce colloque, organisé par l’UQAM en collaboration avec l’UQTR, l’Université de Bordeaux et le groupe de recherche EFE, se penche sur les défis rencontrés par les élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Ces défis sont multiples et complexes, allant de la précarité socioéconomique (Charlebois, 2018), des enjeux professionnels (Supeno et Bourdon, 2017), aux besoins particuliers (Lemire, 2011), en passant par la monoparentalité (Pelletier, 2022) et le processus migratoire (Villemagne, 2014). Nous nous intéressons aux dispositifs déployés pour accompagner ces adultes, tant en milieu institutionnel (centres d’éducation des adultes) que communautaire (organismes communautaires et milieux adaptés de scolarisation).
Ancrée au cœur de cette réflexion, l’approche globale s’éloigne de la focalisation sur les caractéristiques individuelles comme cause principale des difficultés. Elle s’incarne dans une perspective multiréférentielle (Ardoino, 2000) qui considère que les difficultés sont autant le résultat des épreuves sociales (Martucelli, 2011) que scolaires (Roiné, 2020). Cette approche étudie la complexité des parcours atypiques des personnes apprenantes en difficulté (Grossmann et al., 2014) et considère les situations menant à leur échec (Gardou, 2006), notamment l’organisation en vase clos des interventions prodiguées (Vidal et St-Onge, 2020).
Dans cette optique, ce colloque représente une occasion précieuse de réfléchir de manière interdisciplinaire aux différents dispositifs pédagogiques, didactiques, d’intervention sociale, etc., déployés auprès des élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Les personnes participantes partagent une sensibilité commune pour les contextes, les situations et les actrices et acteurs sociaux, appréhendée selon une perspective clinique et non déficitaire. Leur réflexion s’articule autour de trois axes complémentaires : 1) les élèves; 2) les intervenantes et intervenants; et 3) les organisations.
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