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Marie Beauchamp : Université de Sherbrooke
L’importance de développer le savoir-être, notamment dans les métiers relationnels, fait consensus. La rareté des moyens et la complexité du sujet génèrent cependant de nombreux questionnements : Comment identifier cet objet d’apprentissage (Scallon, 2004) que nous définissons par ailleurs difficilement (Bellier, 2004) ? Comment conjuguer avec la subjectivité des enseignants et des maitres de stage ? Est-ce possible d’évaluer le savoir-être ? Un projet de recherche-action-formation (Guay, Prud’homme et Dolbec, 2016) mené à l’ordre d’enseignement supérieur au collégial avec une équipe enseignante d’un programme d’études lié au secteur de la santé fournit certaines réponses à ces questions. Précédée d’une analyse de besoins de formation (Roussel, 2011), la mise en place d'une communauté d’apprentissage comme dispositif d’accompagnement a permis la mise en œuvre d’un processus d’accompagnement des stagiaires et d’évaluation des compétences qui prend en compte le savoir-être et s’appuie sur le jugement professionnel (Beauchamp, 2020). Misant sur une compréhension renouvelée de la notion de savoir-être et s’appuyant sur le processus d’évaluation des compétences (Leroux et Bélair, 2015), l’identification de gestes clés permet de structurer une démarche permettant de développer le savoir-être. Dans cette communication, nous présenterons ce processus transférable dans d’autres programmes mettant de l’avant l’importance de l’accompagnement et de la pratique réflexive.
Dans les facultés et les établissements d’enseignement supérieur qui forment les futurs professionnels infirmiers, il est fréquent que les enseignants soient eux-mêmes des professionnels de la santé. Ceux-ci ont été initialement formés à la pratique clinique et nombre d’entre eux ont exercé dans les milieux de soins avant de réorienter leur carrière vers l’enseignement. Toutefois, tous n’ont pas bénéficié d’une formation en pédagogie universitaire. En outre, il arrive que ces enseignants novices soient chargés de cours sans avoir eu l’occasion de développer leurs compétences en enseignement préalablement à leur entrée en fonction. Enfin, dans certains programmes, il est fréquent de faire appel à des professionnels de la santé à titre d’experts dans leur domaine clinique pour occuper des fonctions d’enseignants contractuels, sans que ceux-ci aient de formation pédagogique. Cet état de fait peut générer chez eux des maladresses, de l’inconfort et du stress, ce qui ne permet pas une expérience d’apprentissage optimale pour les étudiants. Comment favoriser la qualité des enseignements et le bien-être au travail des enseignants novices en sciences de la santé? Il paraît nécessaire que ceux-ci aient l’occasion de s’initier à la pédagogie universitaire en étant accompagnés, et aussi qu’ils puissent poursuivre leur développement professionnel en la matière. Dans ce cadre, encourager le partage des savoirs expérientiels d’enseignants experts avec l’ensemble de la communauté professionnelle des enseignants en sciences de la santé peut aussi contribuer à plus d’expertise individuelle et collective. Quels sont les constats et les expériences en la matière dans différents pays francophones? Quelles sont les recherches réalisées sur le sujet? Quelles innovations les enseignants en sciences de l’éducation et en sciences infirmières mettent-ils en œuvre pour soutenir le développement professionnel de leurs pairs?
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