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Ousmane Gaye : Université Cheikh-Anta-Diop
À l’orée du XIXe siècle, plusieurs projets sont élaborés dans le but de transformer structurellement les établissements européens en Afrique de l’ouest. Leur particularité est qu’ils mettent tous l’accent sur la nécessité d’un changement de paradigme colonial pour faire transformer des établissements commerciaux en colonies agricoles.
Le but de cette communication est d’analyser la transition alimentaire au Sénégal avec l’introduction de plantes et de cultures nouvelles. Cela a eu des répercussions sur les anciennes habitudes alimentaires des sociétés africaines. Autrement, il s’agit de voir comment on est passé du (des) plan(s) de colonisation agricole à la politique de mise en valeur, largement documentée par George Hardy. On insistera sur les travaux scientifiques - essais– essais et domestication agricoles – effectués par deux vagues d’explorateurs de sociétés coloniales privées françaises, au Sénégal entre 1816 et 1817. Il s’agira enfin d’étudier les tensions entre le public et le privé pour l’accaparement du projet agricole de colonisation.
Pour mener à bien cette étude, nous nous appuierons sur les archives et les relations de voyages. Un croisement sera effectué entre ces informations des sources de premières mains avec l’historiographie sur cette question.
L’Agenda 2030 de l’ONU montre clairement que la transition vers des systèmes alimentaires écologiquement, socialement et économiquement durables est une nécessité pour atteindre le développement durable (ONU, 2015). Or, selon le rapport intitulé L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, tout porte à croire que l’Objectif de développement durable n° 2 – éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable – ne sera pas atteint d’ici à 2030 (FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS, 2021). La sécurité alimentaire fait référence à « un état selon lequel les populations ont accès en tout temps, dans la dignité, à suffisamment d’aliments pour pouvoir mener une vie saine et active » (Hamelin et Bolduc, 2003, p. 58). La COVID-19 et la guerre en Ukraine ont fragilisé les systèmes d’approvisionnement et les filières agricoles. Plusieurs pays font actuellement face à des problèmes d’accès à l’alimentation. Les liens d’interdépendance entre agriculture et sécurité alimentaire, d’une part, et enjeux globaux du climat et biodiversité, d’autre part (Le Grix, 2021), démontrent la nécessité de mettre en place des systèmes alimentaires résilients aux échelles locales pour faire face aux défis actuels et ceux qui pourraient survenir dans l’avenir.
Différentes organisations publiques, citoyennes et/ou communautaires ont ainsi adopté des démarches ou des stratégies invitant les acteurs territoriaux à relocaliser la production alimentaire au service des communautés. Ces dernières s’engagent dans un processus de coconstruction en faveur de la sécurité alimentaire pour augmenter la production et la consommation d’aliments locaux en passant par le développement du sentiment d’appartenance et une appropriation de l’espace public.
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