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Du posthumanisme dans le transhumanisme ? Situer l’usage numérique de santé dans la dimension du vivant

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Eloria Vigouroux-Zugasti : Université Grenoble Alpes

Résumé de la communication

De nombreux chercheurs (Moschetta, 2019 ; Le Breton 2018 ; Tapia, 2018, etc.) s’interrogent sur l’approche que les technologies numériques de santé font du corps : écologie du corps, marchandisation du corps, corps pensant, savoir expérientiel, etc. Nous nous intéressons ici à la dimension anthropotechnique de la santé (Magnin, 2019), abordant ainsi la promesse transhumaniste au regard de l’approche posthumaniste questionnant la place accordée à la dimension du vivant dans une société largement dominée par l’IA et par les technologies numériques (Damour, 2018). Pour ce faire, nous avons établi une méthodologie qualitative par entretiens semi-directifs, avec des patients utilisateurs de technologies numériques, ainsi qu’avec des professionnels de santé, afin d’investiguer sur les usages « projetés » des technologies et leurs promesses, face à leurs applications concrètes pour la santé.

Résumé du colloque

Les transformations numériques en santé ne sont pas récentes et d’innombrables technologies sont aujourd’hui disponibles telles que des applications mobiles dédiées à la santé ou au bien-être, des objets connectés pour accompagner les patients souffrant de maladies chroniques, des robots pour opérer ou stimuler cognitivement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives, des dispositifs portables ou implantables pour diagnostiquer des troubles neurologiques, cardiaques ou autres. Autant de technologies émergentes qui sont fréquemment présentées comme une réponse aux enjeux de soutenabilité des systèmes de santé dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques, l’objectif étant l’amélioration de la performance des systèmes de santé. Néanmoins, l’usage de technologies numériques de santé tant par les soignants que les patients soulèvent de nombreux enjeux à la fois communicationnels (ex. : pertes d’information, sentiment de distance), relationnels (ex. : reconfiguration des interactions patients-soignants et de la relation thérapeutique, nouvelles formes de proximité à distance), organisationnels (ex. : travail d’articulation supplémentaire, redistribution des responsabilités), sociétaux (ex. : inégalités territoriales, enjeux d’accessibilité, risques de discrimination), éducatifs (ex. : formation des professionnel·le·s, transformation des dispositifs d’éducation thérapeutique) et de conceptions (ex. : engagement des usagers — dont les patients — dans la conception).

L’objectif général de ce colloque est donc de réunir la communauté scientifique francophone autour de la question des usages projetés et concrets des technologies numériques de santé en invitant les chercheur·e·s (de diverses disciplines des sciences de la santé, sciences sociales et humaines, génie et gestion) à analyser le caractère socialement situé, incarné et équipé des usages des technologies numériques de santé et de « rendre visible » des pratiques sociales, des « trajectoires d’usage » imaginées ou réelles ou des processus de « domestication ». Le colloque s’organisera autour de trois axes :

Axe 1 : Télémédecine et activités du patient-soignant : soin distant, présence connectée et proximité renégociée

Axe 2 : Technologies d’autosurveillance et d’autosoin : du « soi quantifié » au « soin connecté »

Axe 3 : L’intelligence artificielle (IA) et la médecine « 4P » (personnalisée-préventive-prédictive-participative) : de la « datafication » au clinicien-patient-soin « augmenté »

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 16 mai 2024

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