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Carine Nassif-Gouin : Cégep du Vieux Montréal
Nicolas est pâtissier et rêve de devenir criminologue ; Valérie est coiffeuse et s’imagine logisticienne dans une organisation internationale. En ÉFA, il est dit que le moteur de la persévérance d’une personne étudiante est « son rêve ». Pour que ce rêve se réalise, le contexte d’apprentissage et l’accompagnement jouent un rôle majeur. Toutes ces dimensions ont été intégrées dans certains programmes et dispositifs postsecondaires, comme c’est le cas pour le programme ACCES-FEP à l’Université de Montréal. Ces programmes accueillent des personnes étudiantes issues de régions du monde marginalisées ou encore issues de contextes québécois défavorisés. Ils sont fondés sur les compétences du métier de la personne étudiante (Coulon, 1997) en vue de faire-faire (Linderman, 1927), et ce, en partant de situations vécues. L’idée principale étant d’encourager la volonté et de favoriser la capacité de la personne apprenante à être autonome et responsable de son apprentissage (Knowles, 1973).
L’analyse de ces dispositifs académiques contribuent certainement aux discussions liées aux enjeux de lutte contre les inégalités scolaires et de la distribution du capital culturel (Bourdieu, 1979) afin de favoriser l’égalité des chances. L'objectif est de créer des opportunités pour toutes les personnes, indépendamment de leur milieu social et culturel, afin de favoriser une plus grande égalité des chances dans le domaine de l'éducation, et par le fait même une égalité des positions sociales.
Ce colloque, organisé par l’UQAM en collaboration avec l’UQTR, l’Université de Bordeaux et le groupe de recherche EFE, se penche sur les défis rencontrés par les élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Ces défis sont multiples et complexes, allant de la précarité socioéconomique (Charlebois, 2018), des enjeux professionnels (Supeno et Bourdon, 2017), aux besoins particuliers (Lemire, 2011), en passant par la monoparentalité (Pelletier, 2022) et le processus migratoire (Villemagne, 2014). Nous nous intéressons aux dispositifs déployés pour accompagner ces adultes, tant en milieu institutionnel (centres d’éducation des adultes) que communautaire (organismes communautaires et milieux adaptés de scolarisation).
Ancrée au cœur de cette réflexion, l’approche globale s’éloigne de la focalisation sur les caractéristiques individuelles comme cause principale des difficultés. Elle s’incarne dans une perspective multiréférentielle (Ardoino, 2000) qui considère que les difficultés sont autant le résultat des épreuves sociales (Martucelli, 2011) que scolaires (Roiné, 2020). Cette approche étudie la complexité des parcours atypiques des personnes apprenantes en difficulté (Grossmann et al., 2014) et considère les situations menant à leur échec (Gardou, 2006), notamment l’organisation en vase clos des interventions prodiguées (Vidal et St-Onge, 2020).
Dans cette optique, ce colloque représente une occasion précieuse de réfléchir de manière interdisciplinaire aux différents dispositifs pédagogiques, didactiques, d’intervention sociale, etc., déployés auprès des élèves marginalisés au secteur de l’éducation des adultes. Les personnes participantes partagent une sensibilité commune pour les contextes, les situations et les actrices et acteurs sociaux, appréhendée selon une perspective clinique et non déficitaire. Leur réflexion s’articule autour de trois axes complémentaires : 1) les élèves; 2) les intervenantes et intervenants; et 3) les organisations.
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