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Maia Morel : Université de Sherbrooke
« L’éco-éducation artistique », courant émergent dans la recherche francophone, s’inspire du concept de « résonance » mis en avant par le sociologue et philosophe Hartmut Rosa (2021), qui permet de prendre conscience d’un enjeu spécifique et de réfléchir à notre positionnement personnel et collectif vis-à-vis de cet enjeu.
Cependant, si plusieurs études touchent à la question de l’art et l’ERE dans des contextes éducatifs (Clavel et Gonzalez, 2017; Deslauriers, 2022; Goday, 2022; Morel, 2023; Valentine, 2003), il n’existe pas à notre connaissance d’études abordant la formation enseignante au primaire dans une perspective environnementale. Or, le nouveau Référentiel des compétences professionnelles souligne que l’école québécoise assure une mission importante de sensibilisation aux enjeux environnementaux (Gouvernement du Québec, 2020), pour laquelle le personnel enseignant est fortement sollicité.
Notre communication présente les résultats préliminaires d’un projet en cours (FRQSC, 2021-2024); étude exploratoire de type qualitatif, la recherche a été menée auprès des personnes étudiantes inscrites au baccalauréat en enseignement primaire d’une université québécoise. L’objectif était d’établir quelles sont leurs représentations, leurs savoirs et leurs expériences à l’égard des interférences entre les arts plastiques et l’ERE, ce qui permettra d’approfondir notre réflexion sur un modèle de formation répondant aux exigences éducatives contemporaines en matière d’environnement.
La recherche montre que les arts et la littérature permettent de réaliser une analyse critique de phénomènes ou d’enjeux de nature écosociale (écoféminisme, antiracisme, justice environnementale), tout en esquissant des pistes de solution empreintes de la créativité caractéristique du domaine artistique.
Cette 5e édition est l’occasion de créer un espace pour la diffusion des résultats de recherche visant ce questionnement et d’ouvrir les débats dans un contexte plus large, en invitant à partager leur expertise des chercheur·ses de domaines connexes à l’éducation : sciences sociales, ethnographie, anthropologie, études autochtones et/ou travail social. Nous nous appuyons sur la notion d’éducation citoyenne pour un avenir viable (Gilbert et Boutet, 2022) pour explorer les questions suivantes :
1) Que propose la recherche touchant les arts et la littérature comme approche actualisée d’émancipation sociétale? 2) Quels sont les angles morts dans la pratique des intervenant·e·s du milieu culturel dans l’accompagnement des jeunes en vue d’une éducation « transformatoire » (Dovidio, Glick et Rudman, 2005)? 3) Comment évolue « la conscience anthropocène » des jeunes à l’ère de la toute-puissance technologique (Pruneau et al., 2016), alors qu’ils se trouvent progressivement déconnectés des milieux naturels au profit d’une connexion plus forte aux univers numériques? 4) De quelle manière s’expriment les zones de tension entre « l’être » et « l’avoir », soit la gestion de nos rapports individuels et collectifs à l’environnement et l’impact de la qualité de ce lien sur la viabilité de notre avenir, notamment sur le plan « éco-nomique » (Sauvé, 2009)? 5) Quels sont les cadres de référence (idéologiques, culturels, étatiques, politiques, communautaires) qui influencent l’action éducative et, en conséquence, influencent les « affaires humaines » (Cochet, 2018) : la solidarité, l’identité, l’altérité, l’équité, les échanges, les valeurs...
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