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Amal El Ouassif : Conservatoire national des arts et métiers
Dans le cadre du « Groupe spécial sur la migration », deux visites terrain ont été menées à Dakar en novembre 2022 et dans la région de Souss Massa au Maroc en mars 2023, afin de comprendre les connexions qui existent entre changement climatique et migration. À travers une démarche prospective, s’appuyant sur la construction des problématiques avec les acteurs, des entrevues ont été conduites avec les parties prenantes, afin d’évaluer leur perception de l’impact du changement climatique sur les décisions de migration. Le terrain conduit a débouché sur l’impact crucial des décisions étatiques sur le développement de cette nouvelle forme de migration. À Dakar, la décision de l’État d’octroyer des licences de pêche aux grands chalutiers chinois, a été la principale raison derrière les vagues de migrations massives qu’a connues le pays en 2014 pour les associations interrogées. Pour les institutions étatiques, les raisons sont à trouver du côté du changement climatique. Un constat similaire a été observé lors du recueil des témoignages des travailleuses agricoles dans la région du Souss au Maroc. Pour elles, l’absence de protection sociale joue un rôle important dans la migration rurale, au-delà des effets apparents du changement climatique. Ainsi, il est important d’examiner à travers une approche prospective le rôle crucial que jouent les décisions de l’État dans la gestion de la migration climatique devenue de plus en plus présente dans plusieurs pays du Sud.
Au cours du 20e siècle, les États ont adopté différents modèles de gouvernance publique passant entre autres du taylorisme, à la bureaucratie jusqu’à la nouvelle gestion publique (NGP). Ces mêmes États ont également procédé à de nombreuses réformes (Bouckaert, 2023) marquées notamment par l’implantation et la désagrégation des agences autonomes (Goupil et Gagnon, 2022). Du point de vue du management public, les conséquences attribuables aux pratiques du nouveau management public (NMP) ont amené certains gouvernements à adopter des stratégies d’adaptation ou de recalibrage de l’action publique (Levy, 2010). Que ce soit en raison des crises sanitaires ou climatiques, ou de simples défaillances du NMP, les États sont appelés à repenser les modes d’instauration de l’action publique et leur mode de gouvernance (Negri et Hardt, 2000; Le Galès, 2003).
Ce colloque porte sur l’évolution de la gouvernance publique et du rôle de l’État au 21e siècle, et la place de l’innovation dans ces évolutions. Il aborde le passage du nouveau management public vers le post-NMP. Assiste-t-on à l’émergence d’un État néo-wébérien? Comment le secteur public peut-il être une source d’innovation? Quelle est la valeur ajoutée de la fonction publique et pourquoi, dans certaines juridictions, assiste-t-on à une revalorisation de la bureaucratie? Quelles sont les réformes nécessaires à l’État? Les communicants sont invités à partager leurs réflexions à l’égard des apprentissages que les États peuvent tirer des crises sanitaires et climatiques. Multiplication des agences, État fort, rôle des villes et des territoires : comment résoudre les nouveaux enjeux de management public? Quel rôle l’innovation peut-elle jouer dans la résolution de ces enjeux?
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