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Hélène Bélanger : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le logement est un bien essentiel, un déterminant social de la santé, surtout en ce qui concerne les personnes aînées en perte d’autonomie, de même qu’un ancrage primaire dans un quartier ou une localité. Mais depuis plusieurs années, l'accès à un logement adéquat pour toutes et tous est menacé. Si la "crise du logement" a d'abord touché les ménages à faibles et modestes revenus, les classes moyennes ne sont plus épargnées. Dans le marché locatif privé régulier, une longue durée d’occupation, fréquente chez les personnes aînées, se traduit généralement par un loyer payé bien en dessous des prix du marché, nuisant à la rentabilité des investissements et, par extension, mettant en péril le maintien dans les lieux. En parallèle, les dynamiques spéculatives et les transformations dans les quartiers peuvent induire, chez les personnes aînées, une insécurité d’occupation affectant leur qualité de vie. À l’aide d’une recherche documentaire, incluant une analyse visuelle de la typologie résidentielle, le rôle d’évaluation foncière et le registre foncier, cette présentation vise à brosser le portrait des spécificités locales et régionales du marché immobilier résidentiel où résident les personnes locataires aînées en situation de précarité résidentielle dans trois types de collectivités : un quartier central (La Petite-Patrie), une banlieue proche (Longueuil) et un centre régional (Saint-Jérôme).
La question du logement est centrale pour une compréhension approfondie des dynamiques d’exclusion sociale et territoriale vécues par les personnes aînées locataires. Le logement est d’abord un bien possédant une valeur marchande, qui peut être consommé pour satisfaire des besoins et assurer le bien-être. Le logement représente également un déterminant majeur de la santé, surtout en ce qui concerne les personnes aînées en perte d’autonomie, de même qu’un ancrage primaire dans un quartier ou une localité. Or, le contexte de crise de disponibilité et d’abordabilité du logement qui perdure risque d’alimenter l’augmentation des inégalités d’accès au logement et fragilise le droit au logement, particulièrement chez les personnes aînées locataires en situation de vulnérabilité. La prévalence de cette précarité résidentielle et, plus particulièrement, de mobilités ou immobilités contraintes semble contredire, ou du moins affaiblit, la portée réelle des politiques publiques encadrant le vieillissement. On pense plus particulièrement aux politiques pouvant sécuriser le maintien dans les lieux dans les quartiers en gentrification ou réduire les inégalités et exclusions sociales vécues par les personnes aînées.
Dans ce colloque, le logement sera la pierre angulaire autour de laquelle les communications aborderont les mécanismes d’exclusion socioterritoriale, mais aussi d’ancrage des personnes aînées vulnérables dans leur milieu de vie dans différents types de collectivités. Trois axes de recherche sont particulièrement d’intérêt : 1) les moyens mis en œuvre à différentes échelles pour s’attaquer au problème de la précarité résidentielle des personnes aînées; 2) l’expérience sociale et les épreuves vécues des locataires aîné·e·s dans différents types de milieux de vie et de localités; et 3) les actions des acteurs locaux s’engageant à soutenir ces locataires vivant une situation d’exclusion territoriale.
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