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Nicolas Sperry-Guillou : Université Mohammed VI Polytechnique
Cette présentation explore un phénomène complexe au sein des écotones, ces zones de convergence entre écosystèmes adjacents. En raison d'un "échange d'énergie maximal" caractéristique, ces zones d'interaction intense développent une richesse et une diversité biologique supérieures, créant ainsi des "effets de bordure".
En approfondissant la compréhension de ces effets, la présentation met en lumière leur migration vers les sciences sociales. Ainsi, l'extension de la notion d'écotone à des espaces socio-culturels crée un "écotone sociologique" ou des "sociotones", représentant des lieux de tensions identitaires propices à la connexion, à la transformation et à la réinvention. Elle explore l'identification des sociotones dans divers contextes telles que les organisations et les institutions, mettant en lumière ce qui favorise les effets de bordure positifs au sein de ces espaces.
En intégrant le concept de "possible adjacent" du médecin et théoricien biologiste Stuart Kauffman, cette présentation examine comment le travail sur les frontières organisationnelles peut identifier et générer des opportunités de création et d'innovation. L'accent final est mis sur l'importance de garantir que les frontières ne deviennent pas des obstacles, mais plutôt des espaces ouverts favorisant les interactions interdisciplinaires. En résumé, l'innovation émerge des effets de bordures au sein de sociotones, transformant les frontières en lieux dynamiques plutôt qu'en barrières étanches.
Même si dans le langage commun on mêle souvent complexe et compliqué, il s’agit bien de deux notions différentes. Ce qui est compliqué peut être réduit à un principe simple, ce qui est complexe, non (Morin et al., 2003). Ainsi, la complexité ne peut être réduite, alors que le réductionnisme, tel que prôné par Descartes (1648), est toujours au cœur des enseignements aujourd’hui.
Morin (2000) fait référence à sept trous dans les systèmes éducatifs : 1) la connaissance d’une difficulté concerne l’illusion et l’erreur liées à la connaissance, car toute connaissance suppose à la fois une traduction et une reconstruction; 2) la connaissance pertinente, c’est-à-dire la capacité à mettre en contexte le savoir; 3) la condition humaine, à la fois biologique, psychologique et sociologique; Homo sapiens et demens, Homo faber et ludens, Homo oeconomicus et mythologicus; 4) la compréhension humaine, qui nous permet de voir l’humain comme sujet, et non comme objet, et il faut se comprendre pour pouvoir comprendre les autres; 5) l’incertitude, pour à la fois apprendre et affronter l’incertitude, cela a été particulièrement remis à l’avant-scène au cours des dernières années; 6) l’ère planétaire, nous avons une communauté de destin, cela aussi a été flagrant en 2020; 7) l’anthropo-éthique, qui prône l’autonomie personnelle, responsabilité et participation sociale, et participation au genre humain. Ces sept éléments permettent de tenir compte d’une pensée complexe.
Même si, à l’échelle des institutions, ces éléments ne sont pas pris en compte, il existe à de nombreux endroits des enseignants qui ont à cœur de vouloir changer de paradigme. Toutefois, ces changements ne sont pas simples, car ils se heurtent à des réalités complexes.
L’objectif de ce colloque est de montrer comment des enseignants activant des éléments issus des sept savoirs peuvent y parvenir. Quels écueils vivent-ils? Quels résultats obtiennent-ils?
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