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Jessica Dufresne : Université d'Ottawa
L’impulsion des communautés nourricières découle principalement du désir de relocaliser les systèmes alimentaires afin d’en assurer plus efficacement la transition durable et équitable, l’objectif ultime étant celui d’assurer la sécurité alimentaire pour toutes et tous. Pour ce faire, ces initiatives misent sur les pouvoirs des municipalités pour mettre en place les balises qui serviront de cadre d’action pour l’ensemble des acteurs gravitant au sein des systèmes alimentaires.
Notre présentation aspire à démontrer le potentiel de mobilisation du droit à l’alimentation, un droit fondamental reconnu à l’échelle internationale et par la plupart des États, y compris le Canada, au sein des municipalités, en tant que cadre pour le déploiement de communautés nourricières. En tant qu’outil juridique à vocation systémique, le droit à l’alimentation permet non seulement d’aborder de manière concomitante toutes les composantes des systèmes alimentaires, il s’assure également de leur gouvernance participative, équitable et démocratique. Il permet également de contraindre les gouvernements à respecter leurs obligations au regard de ce droit fondamental qui vise à assurer l’accès physique et économique de toutes et tous à des aliments adéquats, dans des conditions qui respectent les principes de dignité humaine et de durabilité des écosystèmes.
L’Agenda 2030 de l’ONU montre clairement que la transition vers des systèmes alimentaires écologiquement, socialement et économiquement durables est une nécessité pour atteindre le développement durable (ONU, 2015). Or, selon le rapport intitulé L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, tout porte à croire que l’Objectif de développement durable n° 2 – éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable – ne sera pas atteint d’ici à 2030 (FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS, 2021). La sécurité alimentaire fait référence à « un état selon lequel les populations ont accès en tout temps, dans la dignité, à suffisamment d’aliments pour pouvoir mener une vie saine et active » (Hamelin et Bolduc, 2003, p. 58). La COVID-19 et la guerre en Ukraine ont fragilisé les systèmes d’approvisionnement et les filières agricoles. Plusieurs pays font actuellement face à des problèmes d’accès à l’alimentation. Les liens d’interdépendance entre agriculture et sécurité alimentaire, d’une part, et enjeux globaux du climat et biodiversité, d’autre part (Le Grix, 2021), démontrent la nécessité de mettre en place des systèmes alimentaires résilients aux échelles locales pour faire face aux défis actuels et ceux qui pourraient survenir dans l’avenir.
Différentes organisations publiques, citoyennes et/ou communautaires ont ainsi adopté des démarches ou des stratégies invitant les acteurs territoriaux à relocaliser la production alimentaire au service des communautés. Ces dernières s’engagent dans un processus de coconstruction en faveur de la sécurité alimentaire pour augmenter la production et la consommation d’aliments locaux en passant par le développement du sentiment d’appartenance et une appropriation de l’espace public.
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