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Joseph Achille Tiedjou : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le développement de milieux de vie adaptés peut prévenir l'itinérance des aînés et favoriser leur stabilité résidentielle en adoptant des approches qui prennent en compte leurs expériences de précarité et d’exclusion. La Maison du Père qui est une ressource pour les personnes en situation de précarité ou d'itinérance, a constaté une augmentation des aînés vulnérables risquant de perdre leur logement, souvent en raison de l'absence de proches aidants, de problèmes de santé, de faibles revenus de retraite, et de la recrudescence des «rénovictions ».
Dans un contexte marqué par la crise du logement et de ressources limitées pour les personnes en situation d’itinérance, La Résidence Privée pour Personnes gées (RPA) J.A De Sève de la Maison du Père est l’une des institutions pour les personnes de 55 ans et plus en situation ou a risque d’itinérance à Montréal. Cette Résidence offre aux aînés un environnement sécuritaire et accessible qui respecte leur autonomie et dignité, conditions favorables à un vieillissement en santé, tout en leur garantissant un accès à des soins médicaux, et des services de soutien communautaire et récréatifs.
La question du logement est centrale pour une compréhension approfondie des dynamiques d’exclusion sociale et territoriale vécues par les personnes aînées locataires. Le logement est d’abord un bien possédant une valeur marchande, qui peut être consommé pour satisfaire des besoins et assurer le bien-être. Le logement représente également un déterminant majeur de la santé, surtout en ce qui concerne les personnes aînées en perte d’autonomie, de même qu’un ancrage primaire dans un quartier ou une localité. Or, le contexte de crise de disponibilité et d’abordabilité du logement qui perdure risque d’alimenter l’augmentation des inégalités d’accès au logement et fragilise le droit au logement, particulièrement chez les personnes aînées locataires en situation de vulnérabilité. La prévalence de cette précarité résidentielle et, plus particulièrement, de mobilités ou immobilités contraintes semble contredire, ou du moins affaiblit, la portée réelle des politiques publiques encadrant le vieillissement. On pense plus particulièrement aux politiques pouvant sécuriser le maintien dans les lieux dans les quartiers en gentrification ou réduire les inégalités et exclusions sociales vécues par les personnes aînées.
Dans ce colloque, le logement sera la pierre angulaire autour de laquelle les communications aborderont les mécanismes d’exclusion socioterritoriale, mais aussi d’ancrage des personnes aînées vulnérables dans leur milieu de vie dans différents types de collectivités. Trois axes de recherche sont particulièrement d’intérêt : 1) les moyens mis en œuvre à différentes échelles pour s’attaquer au problème de la précarité résidentielle des personnes aînées; 2) l’expérience sociale et les épreuves vécues des locataires aîné·e·s dans différents types de milieux de vie et de localités; et 3) les actions des acteurs locaux s’engageant à soutenir ces locataires vivant une situation d’exclusion territoriale.
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