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Amélie Lemieux : Université de Montréal
Dans cette communication, nous présentons les résultats d’un projet subventionné par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada dans lequel nous nous sommes intéressé.e.s aux pratiques littéraciques des jeunes du secondaire à l’ère du numérique ainsi qu’à leur engagement envers la lecture littéraire de poèmes décoloniaux en classe. Nous avons d’abord mené une étude de terrain dans six classes de 4e secondaire sur l’arrimage entre l’enseignement explicite des œuvres numériques et celui des œuvres poétiques traitant de thématiques décoloniales écrites par les autrices innues Joséphine Bacon et Marie-Andrée Gill dans une séquence didactique. Nous avons ensuite mené huit entretiens semi-dirigés avec six élèves et les deux enseignantes ayant participé au projet. Les résultats sont présentés en regard aux réponses de trois élèves dont les discours témoignent de leur expérience des dimensions ciblées par le projet : l’utilisation d’Instagram pour le passage des pratiques littéraciques informelles aux pratiques formelles, l’art visuel comme source d’inspiration littéraire, l’enseignement explicite et l’ouverture à l’Autre suscitée par l’enseignement-apprentissage de la poésie décoloniale.
Les outils issus de l’intelligence artificielle – on pense particulièrement aux outils de traduction automatique comme DeepL ou des agents conversationnels comme ChatGPT – sont désormais utilisés de plus en plus massivement par les apprenant·es de langue (par exemple pour faire leurs devoirs à la maison), même s’ils demeurent rarement pris en charge par la communauté enseignante. Or, l’utilisation de ces outils soulève ou renouvelle un grand nombre de questions didactiques relatives à l’usage du numérique pour chacune des étapes de la production d’un texte en langue maternelle, seconde ou additionnelle, de la génération des idées à la révision textuelle (Wang et Wen, 2002). De nouvelles littératies numériques se font jour (Lacelle et al., 2017), mettant au centre du processus la multimodalité et requérant de nouvelles compétences de la part des apprenant·es-scripteur·es. Parallèlement, des méthodologies émergent dans le champ de la linguistique appliquée (Hamel et Seror, 2016; Yi et al., 2022), qui permettent d’apporter des éclairages inédits sur certains aspects du processus d’écriture, de traduction, d’interaction ou de création. Enfin, des enjeux didactiques liés au développement de ces littératies numériques et à leur évaluation (Dupuy, 2023) sont remis au centre des questionnements alors que les enseignant·es se montrent encore réticent·es au recours à ces outils dans la salle de classe (Grassin et Guichon, 2019).
En réunissant un panel de chercheur·ses en didactique des langues travaillant sur la littératie numérique, le symposium organisé dans le cadre de l’Acfas à Ottawa se donne comme mission d’examiner ces questionnements et enjeux et de dessiner des perspectives de recherche et de formation.
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