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Valerie Morel : Université d'Artois, Laboratoire Textes et Cultures
La commune d’Awala-Yalimapo (AY), en Guyane, est le lieu de vie des Amérindiens Kali’na. Pour répondre à la dynamique de la côte, la population s’est s'adaptée au fil du temps par la mobilité des activités et de l’habitat. Quel devenir pour ces villages fondés sur une urbanisation, des équipements et des réseaux fixes ? AY s’interroge sur la gestion des submersions marines récentes et aussi sur l'anticipation d'une érosion qui devrait placer des habitants en situation de risque avéré nécessitant la relocalisation des habitations voire une recomposition territoriale de la commune. Par le passé, une situation similaire, en présence d’une population mobile, questionne sur les capacités de déplacement des administrés, de leur habitat et de leurs activités. Elle appelle une réflexion sur une ville amérindienne mutable, entre itinérance et ancrage territorial, entre modernité et tradition. Un projet de recherche-action POPSU-territoires vise à mettre en œuvre un processus interdisciplinaire, intersectoriel et partenarial de concertation pour le projet de territoire d’AY à l’horizon 2050. Il s’agit de mettre en place un processus de concertation hors des salles institutionnelles, de le promouvoir dans l’espace public et d’initier la co-construction d’un territoire résillent en dépassant les démarches et les normes proposées par la pensée de la France hexagonale qui produit les règles urbaines et le cadre légal de la gestion des risques côtiers.
Dans un contexte de changements climatiques et de concentration des enjeux humains et bâtis sur les côtes, les risques côtiers d’érosion et de submersion marines sont en constante augmentation sur les littoraux anthropisés du monde. En outre, les difficultés de gestion intégrée de la zone côtière et la multiplicité des positions des différents et nombreux acteurs (citoyens, élus, administrations publiques, organisations locales et régionales et autres parties prenantes) complexifient la gestion de ces risques. Projeter ces espaces vulnérables dans un avenir durable devient un défi auquel la recherche interdisciplinaire et partenariale entre chercheur·ses, professionnel·les de la gestion des risques côtiers et habitant·es peut apporter des éclairages cruciaux.
L’objet de ce colloque est de croiser les approches des chercheur·ses, mais aussi des praticien·nes-gestionnaires, pour capitaliser l’avancée des connaissances sur ce sujet et apporter des éléments utiles pour progresser vers l’adaptation des populations et des territoires littoraux.
Les thématiques qui nous semblent essentielles pour y parvenir sont diverses. Elles touchent aux questions de vulnérabilité systémique de ces territoires littoraux, à la connaissance des dynamiques naturelles et sociopolitiques, à l’analyse des politiques publiques et de leurs applications sur le terrain, aux représentations des populations, à leurs capacités d’adaptation et de résilience, à la construction de scénarios d’adaptation...
L’interdisciplinarité et les partenariats avec les gestionnaires favorisent des démarches intégrées. Les méthodes et outils déployés pour étudier ces questions peuvent être d’une très grande variété (indices de vulnérabilité, plateformes numériques de données, enquêtes auprès d’acteurs du territoire, frises chronologiques, cartographies narratives, jeux sérieux, coconstruction de scénarios…). Que peut-on apprendre de ces démarches et outils? Quelles leçons en tire-t-on pour avancer vers l’adaptation?
Titre du colloque :