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Sarah Tourigny : UQO - Université du Québec en Outaouais
Le trait d’union se met rapidement entre les termes « recherche » et « intervention », mais quels liens entre les deux concepts permet-il de symboliser? L’appellation « recherche-intervention » est utilisée pour signifier une multitude d’approches : la recherche sur l’intervention, la recherche et l’intervention, la recherche pour l’intervention, la recherche comme intervention ainsi que l’intervention comme recherche. Si elles définissent toutes à leur façon comment la recherche et l’intervention peuvent coexister et s’alimenter dans un même processus, ce large éventail est également susceptible d’entraîner une confusion autour des objectifs, de la posture et des méthodes que la recherche-intervention implique. Cette complexité se traduit dans la pluralité du vocabulaire utilisé pour traduire le processus (p.ex. co-construction de connaissances, participation, collaboration, visée émancipatrice, dimension collective). En même temps, les chercheur·euse·s en recherche-intervention sont univoques : il s’agit d’un processus par lequel la recherche et l’intervention s’enrichissent de manière à soutenir et faciliter un changement de pratiques ainsi qu’une production de connaissances. Ainsi, cette présentation introductive vise à explorer les différentes écoles et définitions de la recherche-intervention. Les repères communs proposés serviront de référence pour les présentations suivantes.
Problématique
Les recherches de type « recherche-intervention » (R-I) visent à concilier la production de connaissances et la réponse à une demande sociale relative à l’amélioration des pratiques à l’égard d’un groupe donné. Elles concilient donc un objectif de production de connaissances « sur » un phénomène (visée heuristique) et une visée praxéologique ou d’action (« pour »). Cette démarche se définit aussi par deux grands principes méthodologiques : une dimension participative (le « avec ») et une dimension émancipatrice (le « par »), qui la prolongent. Les R-I, en mobilisant une dimension participative, offrent ainsi aux différentes parties prenantes la possibilité de prendre part à chacune des étapes du travail et reconnaissent les acteurs sociaux comme capables de transformer leur propre situation avec la prise de conscience d’enjeux complexes les concernant (Gurnade, 2016).
Si la mise en œuvre de tels dispositifs de recherche est de plus en plus formalisée dans la littérature (d’Amico et al., 2016; MacEntee, 2015; Marcel, 2016), les enjeux, défis et perspectives d’une telle démarche auprès de jeunes (enfants, adolescents ou adultes émergents) sont encore relativement peu précisés. Dans quelle mesure et par quels procédés est-il possible de considérer les enfants et les jeunes comme de véritables partenaires de recherche pour en arriver à des changements qui leur bénéficient? Quels sont les défis propres aux projets de recherche-intervention menés avec des jeunes? Quels sont les enjeux éthiques spécifiques qui se posent alors? Quelle place donner aux parents des enfants/jeunes? Comment promouvoir la question de l’intervention dans la recherche auprès des comités éthiques? Comment penser le double rôle inhérent à la recherche-intervention? Quelle posture ce type de recherche implique-t-il pour les chercheur·ses?
Ce colloque vise à apporter des éléments de réponse à ces différentes questions.
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