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Alessio Giarrizzo : Université de Genève
La satisfaction en fin de formation reste l’indicateur le plus couramment utilisé pour évaluer la qualité de la formation. Premier niveau du modèle de Kirkpatrick, il est connu depuis longtemps que la satisfaction n’est que peu corrélée à la qualité des apprentissages et au transfert d’apprentissage. Par conséquent, il est recommandé de centrer les fiches d’appréciation de la formation sur des variables prédictrices de transfert, telles que l’utilité perçue de la formation, le sentiment d’efficacité personnelle et la motivation à transférer. Cette approche tend à minimiser le rôle des réactions affectives. Tant les chercheur·euse·s que les professionnel·le·s soulignent pourtant leur importance dans les dynamiques d’apprentissage et d’engagement en formation. Basée sur les modèles issus des sciences affectives, cette étude vise à mesurer plus finement la diversité des réactions émotionnelles en fin de formation et à examiner les liens entre celles-ci et l’intention de transférer les apprentissages en milieu professionnel. Une enquête par questionnaires est en cours auprès d’une centaine d’adultes en formation continue en vue de tester la pertinence de ces réactions émotionnelles pour prédire le transfert d’apprentissage, directement ou indirectement à travers leur incidence sur l’apprentissage perçu et les variables motivationnelles. Les résultats pourront conduire à affiner les mesures de satisfaction utilisées en fin de formation.
La formation en milieu de travail comporte de nombreux avantages. Elle permet le développement des compétences des salarié·es, réduit les erreurs et les accidents, améliore la qualité des produits et des services et favorise l’innovation. Ce colloque propose de s’intéresser à deux enjeux associés à ces retombées.
Le premier concerne le transfert des apprentissages qui s’opère entre le contexte de formation et le milieu de travail, une condition nécessaire pour que les retombées attendues se réalisent bel et bien. La littérature souligne que le transfert est souvent faible, mais qu’il peut être soutenu par différentes mesures, comme une préparation adéquate des participant·es, une mise en pratique rapide des contenus enseignés ou encore le soutien des collègues au retour sur le lieu de travail. À ce sujet, le colloque aborde en avant-midi les questions suivantes : Comment les premières tentatives de transfert se déroulent-elles? Quelles pratiques favorisent le transfert? Par quels moyens les compétences transférées peuvent-elles être évaluées?
Une fois le transfert réalisé, un second enjeu consiste à évaluer si la formation s’est traduite par des retombées concrètes pour l’organisation. Bien que les avantages d’évaluer les retombées soient nombreux, certains obstacles peuvent empêcher d’entreprendre un tel exercice, tels qu’un manque de ressources, la complexité du processus à mettre en place ou l’absence de mécanismes de suivi à long terme, par exemple. Ces obstacles ne doivent pas être sous-estimés, car bien que l’évaluation puisse renseigner quant à la qualité d’une formation, force est d’admettre que les organisations ont plutôt tendance à n’y consacrer que des efforts limités. Ces éléments seront abordés en après-midi.
Les participant·es au colloque discutent de ces divers enjeux en partageant les résultats de leurs recherches sur les instruments et les méthodologies qui facilitent l’évaluation du transfert et de ses répercussions ainsi que sur les moyens pour améliorer la qualité des évaluations réalisées.
Titre du colloque :