Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Geraldine Berrehouc : Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Le littoral du Finistère (Bretagne, France) s'établit sur 2 200 km de côtes rocheuses et de linéaires meubles protégés par des cordons dunaires et des digues. Pour gérer ces ouvrages, il est nécessaire d’anticiper l'élévation du niveau marin et le renforcement de l'effet des tempêtes. Les stratégies publiques françaises s'appuient sur la sensibilisation du public, la réduction des dommages potentiels et l’adaptation des territoires. A l’échelle du département, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) accompagne les territoires pour les décliner sur le terrain. De nouvelles solutions émergent, et s’appuient sur les capacités naturelles des milieux rétro-littoraux à atténuer les effets de la houle, canalisée par des digues en terre reculées, qui remplacent les ouvrages durs côtiers. Ces opérations incluent des délocalisations d’enjeux ponctuels, dans un souci de gestion pérenne du risque, et d’efficacité économique justifiée par des analyses multicritères qui permettent la mobilisation de financements publics. En parallèle, la stratégie d’anticipation face à l’érosion côtière apporte de nouveaux outils tenant compte du caractère prévisible du phénomène. De la cartographie des secteurs exposés à la mise en place de solutions immobilières transitoires, ils permettront la recomposition des 62 communes déjà volontaires parmi les 112 communes littorales du département.
Dans un contexte de changements climatiques et de concentration des enjeux humains et bâtis sur les côtes, les risques côtiers d’érosion et de submersion marines sont en constante augmentation sur les littoraux anthropisés du monde. En outre, les difficultés de gestion intégrée de la zone côtière et la multiplicité des positions des différents et nombreux acteurs (citoyens, élus, administrations publiques, organisations locales et régionales et autres parties prenantes) complexifient la gestion de ces risques. Projeter ces espaces vulnérables dans un avenir durable devient un défi auquel la recherche interdisciplinaire et partenariale entre chercheur·ses, professionnel·les de la gestion des risques côtiers et habitant·es peut apporter des éclairages cruciaux.
L’objet de ce colloque est de croiser les approches des chercheur·ses, mais aussi des praticien·nes-gestionnaires, pour capitaliser l’avancée des connaissances sur ce sujet et apporter des éléments utiles pour progresser vers l’adaptation des populations et des territoires littoraux.
Les thématiques qui nous semblent essentielles pour y parvenir sont diverses. Elles touchent aux questions de vulnérabilité systémique de ces territoires littoraux, à la connaissance des dynamiques naturelles et sociopolitiques, à l’analyse des politiques publiques et de leurs applications sur le terrain, aux représentations des populations, à leurs capacités d’adaptation et de résilience, à la construction de scénarios d’adaptation...
L’interdisciplinarité et les partenariats avec les gestionnaires favorisent des démarches intégrées. Les méthodes et outils déployés pour étudier ces questions peuvent être d’une très grande variété (indices de vulnérabilité, plateformes numériques de données, enquêtes auprès d’acteurs du territoire, frises chronologiques, cartographies narratives, jeux sérieux, coconstruction de scénarios…). Que peut-on apprendre de ces démarches et outils? Quelles leçons en tire-t-on pour avancer vers l’adaptation?
Titre du colloque :