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Christine Françoise : Université de La Réunion
En France, l’entrée dans le métier des enseignants correspond souvent à une phase de survie (Huberman, 1989 ; Nault, 1999). La formation initiale « à professionnalisation courte et tardive » (Maulini, 2021, p. 11) ne prépare pas suffisamment les enseignants aux réalités d’une classe. Les nombreuses recherches (Perez-Roux et Lanéelle, 2018 ; Ambroise, Toczek et Brunot, 2017), portant sur le développement professionnel des enseignant débutants, rendent compte des difficultés, des épreuves ou encore des préoccupations, que les enseignants débutants ont à surmonter, à dépasser lors de leurs débuts dans la carrière.
Bien que les discours alarmistes (démissions en hausse, pénurie d’enseignants, mal-être enseignant) soient prégnants au sein de la société française, la grande majorité des enseignants débutants persévère, s’obstine et finit par trouver, si ce n’est un équilibre, une grande satisfaction à enseigner.
À quoi est due cette persévérance ? Nous montrerons dans la continuité des travaux de Lebel, Bélair et Goyette (2012) que les premières réussites, les « petites victoires », les moments (plus ou moins nombreux) de satisfaction ou encore de plaisir d’enseigner, s’ils n’effacent pas les difficultés, participent pour beaucoup à cette persévérance. Est-ce que d’autres raisons, sans lien avec ce qu’ils vivent dans leur(s) classe(s), soutiennent cette ténacité (motivation(s), représentations, croyances, sécurité de l’emploi, etc.) ?
Face aux mutations sociétales qui mettent en avant de multiples enjeux d’éducation (inclusion, bien-être, compétences technologiques, etc.), les politiques éducatives s’orientent vers une rationalisation des ressources tant humaines que financières et de contrôle des résultats (Bouchez, 2014). Les réformes des formations initiale et continue des enseignants ne font pas exception à ce mouvement (Tardif, 2010). Celles-ci tentent de fabriquer des enseignants autonomes et responsables tout en prenant en compte les problématiques d’attrition, de pénurie et d’abandon des personnels, d’inclusion, de démocratisation et de sélection. Par ailleurs, devant les nombreuses attentes envers l’école sont apparues au fil du temps de nouvelles fonctions, voire de nouveaux métiers (médiation, etc.).
Le symposium a pour objectif de mieux comprendre les conséquences de ces mutations sur les professionnels de l’enseignement, les possibilités, les contraintes, les paradoxes, les ruptures imposées, ou encore les dilemmes qui sont les leurs (Tardif et Lessard, 1999).
Il s’agit de s’intéresser aux processus de construction de la professionnalité (Jorro, 2011), aux dynamiques d’insertion, aux ressources plurielles mobilisées et aux épreuves traversées par les futurs enseignants ou les enseignants en exercice (Mamprin et al., 2023; Perier, 2014; Perez-Roux et Lanéelle, 2012, 2018), y compris ceux adoptant de nouvelles fonctions, s’orientant vers un métier où la relation à et sur autrui est fondamentale (Allenbach et al., 2023).
L’analyse des processus et dynamiques suppose une approche par les temporalités et une prise en compte des spécificités territoriales, des contextes de formation et de travail. Plus précisément, plusieurs espaces géographiques sont explorés (France, Suisse, Canada, Mexique). Il s’agit de mettre en lumière la dimension singulière de ces processus et la dimension collective imposée et/ou partagée qui structure progressivement le rapport au métier.
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