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André Yves Pierre : Université d'État d'Haïti
Depuis 2010, le nombre de migrants haïtiens en Amérique latine a progressivement augmenté, avec le Brésil et ensuite le Chili comme principales destinations. Toutefois, depuis 2015-2016, de nombreux Haïtiens ont commencé à quitter le Brésil pour les États-Unis d’Amérique via l'Amérique centrale, un voyage dangereux marqué par des décès. Le Mexique est donc devenu à la fois un point de non-retour et un lieu d'attente et de réconfort pour les migrants haïtiens qui échouent leur entrée aux États-Unis. Les migrants haïtiens vivent ainsi une double réalité: celle de résidents au Mexique et celle de demandeurs d'asile aux États-Unis ou de migrants illégaux.
Pour mener à bien ce travail, nous utiliserons une approche méthodologique mixte, combinant méthodes qualitatives et quantitatives. En premier lieu, nous avons l'intention de réaliser des entretiens avec des personnes qui ont emprunté le chemin pour entrer aux États-Unis d'Amérique et avec celles qui sont restées au Mexique. Deuxièmement, nous utiliserons des données de l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM) et une bibliographie spécialisée sur la migration. La communication se concentrera sur la manière dont les migrants haïtiens vivent leur statut de transit, les obstacles rencontrés et comment ceux qui n'atteignent pas les États-Unis s'adaptent en tant que résidents du Mexique.
Dans quelle mesure l’espace francophone international — caractérisé par une riche diversité culturelle, démographique, politique, géographique, linguistique et historique — constitue-t-il un système migratoire qui se distingue par des dynamiques de mobilités humaines (internes, régionales, internationales) particulières ?
Ce colloque aura comme objectif de réfléchir à cette question par l’analyse des diverses formes de mobilité, des facteurs qui les influent et des conséquences qu’elles engendrent tant dans les sociétés d’origine, de transit, de destination que de retour. Les disparités économiques entre les pays francophones, les occasions d’emploi divergentes et les niveaux de vie contrastés sont des moteurs majeurs de la migration. Les conflits, l’instabilité politique, les violations des droits de l’homme et les régimes autoritaires dans certains pays francophones du Sud incitent également à l’exode vers les pays du Nord. Les inégalités, la discrimination et les pressions sociales, en particulier pour les groupes vulnérables, ainsi que les catastrophes naturelles et les changements climatiques, engendrent aussi des déplacements parfois forcés.
Devant ces dynamiques, les migrations représentent des occasions et des bénéfices démographiques et économiques significatifs tout en soulevant des défis sociaux majeurs à la fois pour les pays d’accueil que pour les pays d’origine. La compréhension approfondie de ces implications complexes et parfois paradoxales est essentielle dans l’analyse interdisciplinaire des mobilités humaines en général, mais en particulier au sein de l’espace francophone international afin de mettre en lumière les forces structurelles à l’œuvre que les expériences vécue sur le plan tant macro (histoires (post)coloniales, économie mondiale, relations géopolitiques) que méso (diasporas, liens transnationaux) et micro (l’agentivité des individus et des ménages). Une perspective holistique est donc cruciale pour le développement de politiques efficaces en matière d’immigration, d’intégration et de développement, dans le respect des spécificités culturelles et des réalités socioéconomiques de cet espace dynamique.
Le colloque abordera ces enjeux selon trois axes :
Titre du colloque :