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Sarah Bélanger-Martel : Musée ambulant
Fondé en 2017, le Musée ambulant a pour mission d’amener l’art actuel vers ses publics, où ils se trouvent. Déployant des œuvres directement dans les milieux, le Musée ambulant ne possède pas de lieu d’exposition. Pourtant, l’organisme s’identifie au nom qu’il a choisi, incarnant à sa manière les visées de recherche, de collecte, de conservation, d’interprétation et d’exposition qui caractérisent le musée (ICOM, 2022). Son modèle alternatif propose des activités de diffusion indissociables de leur médiation. Au Musée ambulant, les arts visuels sont profondément vivants. Ses propositions incluent un contact direct avec des œuvres, des occasions d’engagement créatif et une facilitation menée par une équipe professionnelle. Fondée sur le postulat que chaque individu est compétent face à l’art, l’approche du Musée ambulant s’active par le dialogue et le partage d’expériences incarnées de l’art. S’envisageant comme un laboratoire culturel mobile, l’organisme expérimente de nouvelles stratégies de démocratisation. Son modèle lui procure une grande flexibilité et, malgré une certaine précarité, une grande liberté. Le Musée ambulant espère contribuer à redéfinir les rapports entre les publics et l’offre culturelle, dont l’espace muséal est emblématique. En ce sens, il se positionne autant dans les marges de la muséologie, en complémentarité avec l’institution, qu’en son cœur, en jouant à habiter et animer autrement le concept de musée.
Maints analystes questionnent les biais constitutifs et la portée réelle de la muséologie comme champ disciplinaire qui, outre l’étude des activités de conservation et de présentation des objets de collection, vise une fine compréhension de l’organisation et de l’histoire de cette pratique ainsi que de la mission dont les musées s’investissent.
Les remises en cause de cette acception pavent la voie à « l’élaboration de nouveaux modèles d’expositions, la prise en compte d’histoires passées sous silence, la reformulation des systèmes de connaissances présentés aux publics, la réinvention des structures organisationnelles et des modèles de gestion ainsi que l’adaptation des musées au caractère multiculturel et interculturel des nations et des communautés » (Shelton, 2022). Les tirs croisés sur la muséologie concernent donc tant les approches privilégiées, les objets collectionnés, les récits élaborés que les rapports établis avec les publics et la société.
Ce colloque confronte ainsi les thèses issues des « contre-muséologies », parfois regroupées sous la bannière de nouvelle muséologie, selon trois axes :
A) La muséologie sociale met l’accent sur la participation des publics et des populations issues de territoires d’implantation des musées. Ce courant découle de la muséologie américaine, influente au Québec, et inclut l’écomuséologie et l’altermuséologie dans le monde francophone.
B) La muséologie critique met l’accent sur les rapports de pouvoir sous-jacents au fonctionnement du milieu muséal et aux effets d’exclusion qui en résultent pour maints segments de la population. Ce courant recouvre la « muséologie inclusive » promue dans le monde anglophone.
C) La muséologie « insurgée » ou « contre-hégémonique » insiste sur une conception des institutions muséales comme lieux de rapports de force entre les intérêts opposés des groupes sociaux. Ce courant inclut les approches postcoloniales adoptées dans le monde hispanique.
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